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 Isaya Magda Katarena

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Isaya
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MessageSujet: Isaya Magda Katarena   Sam 10 Jan - 15:22

Isaya Magda Katarena, Dame de nuit

Douze, un nombre étrange. Je lui préfère le quatre.
Mer profonde, vide insondable.

Prologue

Je ne dors pas je pêche, où est-il ce pêcheur ? Celui que tout le monde cherche, la peur. Le pêcheur de la nuit, ma voie déjà tracée, je dois finir ma quête, trouver ma vérité.

Étoiles sans fatigue, de mes doigts la vie coule. La neige dans mon cœur est fondue, la glace dans mes yeux brisée, je ne fais que recherches inaccomplies, quêtes inassouvies. A quelles fins ?

Trouver ma vérité.

Elle était devant moi, mais se sachant choisie elle s'est égarée. Comme les autres.
Une sardine sombre, de la chance mais pourtant l'infortune ne me quittait jamais, cette noirceur que je chérissais en témoignait. Une odeur voleta jusqu'à mes narines, un froid sec et frais habitait mon corps : le bois de l'est me parcourait toute entière, des chimères enfantines me revinrent à l'esprit.

Ce bois m'avait vu grandir, l'avait vu mourir... De grands chênes centenaires, un village simple constitué de deux classes, Srams et Ecaflips. Deux temples similaires, orgueil de chacun. L'un où j'étudiais, laborieusement, pour tenter de peut-être me faire aimer de mon père. Me faire aimer...

Tu as tué ta mère dit-il une fois violemment, mais est-ce ma faute, qu'y puis-je ? Je n'ai fait que sortir d'elle, sa douleur était mienne, nos vies se sont croisées ; lumière dans l'obscurité.

Marche,

Vilune. Il va vous raconter cette histoire duvetée, de souvenirs et d'amour, de regrets... Passé. Survolez ces mots fades et ouvrez grand vos cœurs!

Enfance
[1/4]

Au départ tout est beau, au départ tout est eau.

Le bois de l'est, de curieux habitants et de jolis chapeaux. Une ambiance conviviale entre Srams et Ecaflips, la chance des uns mêlée à l'art de l'agilité des autres en faisaient de puissants guerriers. Peu redoutés toutefois puisqu'ils évoluaient en autarcie dans leur village tranquille, loin de tout.
Le père d'Isaya s'appelait Orlon, fils de deux cordonniers il avait gardé en lui cette odeur de vieux cuir, son arme de prédilection était l'arc, le sien conçu en if. Chaque journée durant la jeunesse de sa fille Elena, bien avant la naissance d'Isaya, il s'entraînait des heures durant au tir à l'arc, initiant sa jeune fille à cette discipline selon lui plus fine qu'aucune autre. Souplesse, agilité et aisance.
Sa femme se nommait Leita, une douce bijoutière qui avait abandonné son métier à la naissance de leur première fille pour s'occuper de leur foyer. Mais de temps en temps dans ses yeux verts une passion se ravivait, et pour sa belle aînée elle confectionnait divers colliers et bracelets magiques, peu puissants mais qui ravissaient Elena, cette jeune Sramette belle et épanouie. Leita avait aussi abandonné l'art de la joaillomagie auparavant mais espérait que sa fille s'y intéresserait, elle pourrait ainsi la conseiller et redécouvrir en elle-même de vieilles ardeurs.

Elena était née le premier Septange 612, d'où l'interprétation des villageois qui la surnommaient toujours le petit ange. Étrangement les habitants n'avaient pas beaucoup d'enfants, un par famille mais rarement plus. La croissance démographique du village était donc inexistante. La naissance d'Elena ravît tous les proches des Katarena, les tantes surtout car cette famille comptait une majorité de vieilles Sramettes emplies d'amour et de sagesse.
Elle grandit bercée d'affection, de rires et de joies. Ses yeux étaient d'un bleu pâle tirant sur le gris, comme ceux de son père. Il s'amusait à dire qu'ils avaient trop de rêves pour expliquer cette couleur terne, ils se disaient penseurs et s'entendaient extrêmement bien, un père idéal. Une fille heureuse, un calme enchanteur, idyllique, irréel... Quand elle apprit un jour que sa mère était enceinte elle avait à peine cinq ans, du haut de son petit minois angélique elle redoutait le pire...

Dès les premiers mois de la grossesse des complications se posèrent, Leita ne se sentait jamais bien et le bébé s'agitait anormalement en troublant son sommeil continuellement. Toutefois, malgré une fatigue accumulée et une force oubliée depuis des lustres elle ne sombra jamais à la dépression, le nom de Katarena reposant sur ses épaules. En effet au village c'étaient les femmes qui transmettaient leur nom de famille et leur rôle était primordial, une coutume auxquels même les nouveaux venus devaient se plier (quoi qu'ils étaient fort rares à trouver le village), Orlon devint donc un Katarena devant tous après leur union improvisée, ils s'étaient d'ailleurs mariés très jeunes car leur amour ne datait pas d'hier et c'est lorsqu'un an et demi se fut écoulé après leur union que Leita découvrit pour son plus grand bonheur qu'elle attendait un enfant. Leurs rêves faisaient plaisir à voir pour tout le village, cet enfant était la preuve indestructible de leur béate simplicité et de leur joie permanente.

Parlons de ce village, le lieu où se déroule notre histoire, du moins pour commencer. Ce village donc, était constitué de vieilles bâtisses entourées d'arbres centenaires qui ne semblaient pas subir les affres du temps, c'étaient essentiellement des chênes. Trois voyageurs avaient fondé cette communauté près d'un siècle auparavant, Merol, Sido et Yrefol. Ils lui donnèrent donc le nom d'Yrsime, le village de la forêt des chênes.
Ils fondèrent cette communauté en 531, en 533 quatorze amis les avaient rejoint et ils construisaient de plus en plus. Leur idée était de créer un lieu idéal au delà des conflits extérieurs, une sorte d'organisation conviviale et détendue. C'est peu après qu'Irina les rejoint, la première dame Katarena d'Yrsime, la grande-tante de Leita.

Le village fut régi par les trois fondateurs jusqu'à la mort du dernier d'entre eux, puis par trois dirigeants élus à main levée chaque année, au solstice d'été. Orlon avait fait partie d'eux durant l'an 609, quelques années avant la naissance d'Elena mais n'aimait pas avoir de trop lourdes responsabilités.
Les dirigeants de 587 avaient rédigé une Charte, détaillant les interdits et les principes du village, pour prévenir tout conflit à venir, cette Charte évita les gros problèmes et le village continua son évolution dans la bonne entente. Après une progression lente, l'endroit finit par être totalement oublié aux yeux du monde extérieur, la forêt de chênes du bois de l'est le cachait à tout regard et personne ne le quittait car on y trouvait de tout, et chacun y avait sa vie et ses occupations. Chaque foyer était constitué d'un jardin et d'un potager plus ou moins large selon les familles, les hommes partaient chasser régulièrement surtout avant l'hiver, pour saler la viande de sanglier et de prespic afin de la conserver pour la saison froide. Mais les couples n'avaient presque plus d'enfants, la population du village chutait lentement mais sûrement, sans que cela n'inquiète personne. Ils mourreraient heureux et c'était l'essentiel.

Le contexte étant établi, venons-en à cette après-midi de Martalo 618, Orlon et Leita se baladaient dans le bois alentour, discutant tranquillement sans se rendre compte qu'ils s'enfonçaient dans la forêt, c'étaient de bons marcheurs.

-La nuit tombe Leita, il faudrait penser à rentrer.
-Non non, répondit-elle en s'asseyant sur un rocher familier.
-Il faut que tu dormes, le bébé te fatigue déjà assez comme ça.
-Dans quelques semaines il devrait enfin arriver hm, hruu...
Elle déposa ses deux mains sur le bas de son ventre, crispée.
-Lei, ça va ? Soudainement il paniqua.
-Je la sens qui sort, je sais qu'elle sort.
-Le bébé ?
-Elle arrive Orlon, je me sens partir.

Tout se passa très vite, les contractions s'accélérèrent et Orlon fut incapable de bien faire sans autre chose qu'un mouchoir pas vraiment propre et des lambeaux déchirés de sa tunique, la vie changea de corps. Décrire cet instant serait inutile et trop douloureux, Orlon s'exécuta avec les moyens disponibles, tous deux luttèrent, mais inexorablement le destin intervint. Agrippée à son époux elle susurrait ses dernières paroles.

-C'est fini Orlon, appelle-la comme ma... Isa... Isaya... Magda...
-Nous l'appellerons ainsi Leita tu verras, tous les deux nous l'élèverons... Leita je vais te ramener, repose-toi, tu m'entends ? Leita ? Leita ?! finit-il par crier.

Isaya criait, elle aussi car le froid s'intensifiait, Leita était encore tiède mais son cœur désormais lisse comme la glace. Son aimé la secouait en vain, une partie de lui s'était détachée de son corps, à jamais.
Soudain il jura, et fustigea le ciel d'étranges imprécations de malheur.

Rire amer, rire de peine.


[2/4]

Avant tout, le vert règne et la nature enseigne.

C'était fête à Yrsime, sur la grand-place tout le monde était réuni pour apercevoir l'attrape-cœur. Les deux sœurs Katarena se chamaillaient pour dépasser chacune l'autre. Elena était la plus rapide de par ses années d'avance, Isaya déjà essoufflée.

-Haha! Pire qu'une larve bleue celle-la.
-Tu peux parler grosse blopette.

Soudain des cris résonnèrent, "Il arrive, il arrive!", les sœurs se hissèrent sur la pointe des pieds. Orlon restait à la maison, il n'avait que faire de la visite de ce charlatan disait-il, et il y avait beaucoup de désordre à cause des bagarres régulières des deux jeunes filles entre elles. Elena et Isaya s'entendaient fort bien, se battaient souvent et se disputaient aussi, comme toute fratrie qui se respecte. Aujourd'hui c'était samedi elles n'avaient pas besoin d'aller à l'école et de toute manière toute la population du village à quelques exceptions près était réunie pour attendre l'attrape-cœur.

L'attrape-cœur, un symbole étrange que colportait une famille de Xélors de village en village depuis des générations, visite attendue car elle ne se faisait en moyenne que tous les six ou sept ans! Le père généralement, ou du moins l'homme en plus grande forme, le portait autour du cou. Amulette violacée faite de perles et de plumes, un cercle de charme recouvert de fil de soie, une étrangeté comme nulle part ailleurs. Ce bijou aurait pu paraître anodin, toutefois il était miraculeux et devait guérir les maladies. Du moins il était censé le faire... Pour une poignée de kamas n'importe qui pouvait choisir de faire partir telle rougeur, telle blessure... Le Xélor appliquait alors sa main sur la plaie, murmurait des incantations inaudibles et le lendemain la guérison était effectuée. Elena et Isaya avaient cinquante kamas chacune.

-Tu comptes demander quoi à l'attrape-cœur toi ?
-Qu'il me guérisse de ma petite soeur insupportable...
-Tiens je vais demander la même chose!

Des buffets étaient aménagés, c'était comme un jour de fête ou de marché, le soleil de la mi journée tapait fort et l'amusement était à son comble. Isaya ne demanda rien à l'attrape-cœur et dépensa son argent en sucreries et autres friandises. Pourquoi résister à la tentation après tout ? Elena quand à elle préféra chercher les grâces du Xélor à l'amulette, elle voulut qu'il fasse disparaître un trop gros grain de beauté qu'elle avait sur le dos. En fin de journée les Sramettes rentrèrent chez elles, travaillèrent brièvement et s'échappèrent après diner vers le bois, étant toutes les deux éprises de l'escalade. Elles chevauchaient les branches serrées, couraient sans prendre garde et riaient sans cesse, insouciance passagère... l'enfance ne dure qu'un temps. Cette fois-ci fut différente, et dans la mémoire des deux filles cette escapade sylvestre resterait gravée. Tandis qu'elles gambadaient dans les airs comme des folles, un étrange bruit retentit, comme une potion géante qui explose. Elles se turent pour écouter attentivement mais plus rien.

-C'était quoi tu penses ?
-Je ne sais pas... ça venait du village, il faudrait qu'on rentre de toute façon, on s'est éloigné et il commence à se faire tard.

Oubliant déjà ce bruit étrange elles débutèrent une course, Elena ayant déjà quelques mètres d'avance. Isaya prenait garde à ne pas se faire assommer par une branche tout en regardant où elle mettait les pieds. Quand tout à coup elle ne vit plus sa sœur...

-Elena ? T'es passée où ?

Elle scrutait l'horizon, elle ne pouvait pas être déjà rentrée, elle baissa les yeux. Ce qu'elle vit la tétanisa, sous les branches entrelacées ce n'était pas le sol qu'elle apercevait quelques mètres en contrebas mais un amas de feuilles se mouvant juste sous elle.

-Mais qu'est-ce qu...

Elle ne put rien faire, la plante remonta sa cheville, et l'engloutit en une poignée de secondes sans qu'elle put y échapper. Elle était consciente mais ne pouvait ni parler ni ouvrir les yeux, horrifiée elle pensait que c'était la fin. Au bout d'un minute ou deux elle bougea, la plante la traînait-elle ailleurs ? Elle se retrouva projetée sur un sol en bois extrêmement dur, encore sous le choc elle s'aggripa à Elena qui venait aussi d'atterir à ses côtés.

-J'ai peur.
-Moi aussi Isa, moi aussi...

En face d'elles se tenait un buisson étrange, ou plutôt un arbre entièrement recouvert de mousse et de végétation.

-"Bienvenue à la Feuillée, demoiselles Katarena, est venue l'heure du sacrifice."

La voix résonna dans leurs têtes, elles se regardèrent et Elena demanda de sa voix chancelante :

-Quel sacrifice ?
-"Chaque génération de filles Katarena doit le faire, c'est la condition pour que le crime soit pardonné. Vous êtes deux, moins qu'avant, une seule subira."
-De quoi s'agit-il ? De quel crime parlez-vous ?
-"Le crime doit être payé, il a été décidé que pendant dix-sept générations une fille Katarena offrirait son don de vie à la Feuillée."
-Le don de vie ?
-"Celle faisant le sacrifice ne pourra pas avoir de descendance, et ne pourra pas non plus être amoureuse ni trouver le plaisir."

Les deux sœurs se regardèrent.

-"La Feuillée est clémente, elle vous laisse choisir. Elena ou Isaya ? C'est toi qui choisira.
Oui toi Isaya, choisis qui doit subir le sacrifice. Choisis."

La voix s'était adoucie.

-Moi, c'est moi qui ferait ce sacrifice.
-"Haha! Fort bien, alors Elena Katarena à partir d'aujourd'hui le sacrifice t'appose sa marque, que le châtiment soit à la hauteur du crime de ton ancêtre."
-Mais ce n'est pas elle que j'avais dit!
Isaya criait, révoltée et furieuse.
-"Ce n'est pas vraiment toi qui choisit petite, c'est ainsi."

Les deux filles pleurèrent, dans le cou d'Elena apparut une étrange marque circulaire, Isaya voulut se jeter sur l'arbre mais la végétation les emportait déjà, elle se retrouvèrent à l'entrée du village.

-Isa, il ne faut rien dire à papa d'accord ?
-Heu.
-Promets-moi que tu ne parleras jamais de ce soir.
-Je te le promets mais...
-Je vais subir ce sacrifice, c'est inutile de chercher le conflit premier, ce qui est fait est fait et j'assumerai mon fardeau.
-C'était moi...
-Non Isa, rentrons maintenant.

Orlon les trouva changées mais ne dit rien, toujours aussi silencieux depuis quinze longues années, à ce moment s'il avait voulu dire quelque chose, elles auraient éclaté en sanglot toutes les deux.

Quand vient l'heure le cœur sait.
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MessageSujet: Re: Isaya Magda Katarena   Sam 21 Fév - 12:57

[3/4]

-Tante Olga...
-Tais-toi jeune impudente, et écoute-moi attentivement.

[4/4]

-Pourquoi donc papa ?
-Il est temps Isaya, tu dois partir.

_________________
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MessageSujet: Re: Isaya Magda Katarena   Sam 21 Fév - 21:00

Adolescence
[1/6]


Songe de poésie
Le soleil est ciel
Rumeur de poésie
Isaya est neige
Idée de poésie
Petit chat, grande nuit.

Un craquement, je sens sa présence.
Ma dague, ma vie.
Il s'approche, la saisir, ma dague!
Une main m'enserre fermement, m'immobilise. Je me débats, je griffe et je reçois des coups. Ma dague.
Jetée par terre, un ricanement sournois et la peur. La peur d'un regard d'enfant, je me sentais morte. Vite ma dague. Vêtements déchirés, panique et cris, murmure dans le silence.
Toute la monstruosité du Sram se fit ressentir, le plaisir malgré la douleur, de la souffrance.
Ma dague!
Le mouvement de balancement intensifié, les larmes et le sang des plaies. Un murmure plus intense, un nouveau cri : un coup.
-Tais-toi et laisse-toi faire, salope!
-Noon!

Des larmes et un abandon, une pression diminuée, vite ma dague.
-Lâche ton joujou bébé. Lâche-la!

Colère, démesure et orgueil. Ubris. Sans aucun art ni aucune élégance : un coup, un autre, un autre et encore un autre. Une gerbe de sang sur mon visage, du sang et des larmes, il est mort. Détruite je plante enfin ma dague dans sa virilité décroissante, la mort.
En lui ? En moi.
Des pas, on vient à mon secours ? Il est trop tard mon cœur est vide, la porte s'ouvre.
-Isaya ça v...
-Oh mon dieu qu'est-ce qui s'est passé ?
-Tu le sais très bien Kab, c'est peut-être celle qu'il nous faut ?

Terreur, je n'écoutais pas, horreur de ce que j'avais devant moi.

Trois jours plus tôt

-Tu vas t'y plaire dans cette école pour guerriers, c'est la meilleure d'Amakna.
-Mais papa je n'aime pas être avec les autres tu le sais bien!
-Il faut que tu mûrisses Isa, tu as 16 ans mais tu n'es encore qu'une gamine. Tu resteras ici tout le temps qu'il faudra, jusqu'à ce que tu deviennes comme ta sœur.

Pas de discussion possible, mon père ne m'aimait pas. Seize ans auparavant en naissant j'avais tué ma mère, il ne me l'avait jamais pardonné. Ma grande sœur, Elena Vitalia a par contre toujours été adulée. Après tout je m'y plairais peut-être dans cette école à deux kamas.
-Hé p'tite, t'es nouvelle ?
-Oui.
-Comment tu t'appelles ?
-Isaya, Isaya Katarena.
-Moi c'est Kabyl, enchantée et bienvenue.
-Merci.
-Tu verras tu te plairas ici, mais te laisse pas faire par les garçons, c'est pas parce qu'ils ont une p'tite saucisse de tofu entre les jambes qu'ils sont plus forts que toi, bien au contraire. Je te laisse, je dois rejoindre mon conjoint. Je te le présenterais au dîner peut-être, à 8 heures dans la grande salle.
-Merci.

Quelques heures plus tard lors du repas, Kabyl invita Isaya à s'asseoir à côté d'elle. Elle lui présenta son mari Tugin, un Sacrieur fort robuste, ils faisaient un beau couple lui et l'Ecaflipette. Les trois formaient un groupe peu commun, car les autres à dîner se réunissaient souvent par classe, représentant la classe des Fécas, la classe des Iops...
-Alors Isaya, tu as quel âge ?
-Seize ans, et heu vous ?
-Hihi, Tug en a 27 et moi 26, nous sommes les surveillants.
-J'avais remarqué oui.
-Si tu veux aller avec les autres élèves tu peux...
Cette proposition dite sur un ton totalement bénin retentit en elle comme un ordre, elle esquissa un sourire et rejoignit la table des Srams, qui lui posèrent tout de suite des dizaines de questions sur Kabyl et Tugin. La discussion divergea vite.
-Il paraît que ces deux-là sont un peu tarés.
-Oui, qu'ils sont dans une sorte de secte.
-Qui tuent les gens la nuit et leur déchirent les entrailles!
-Tss.
-Quoi ?
-Bah ce sont que des ragots.
-T'en sais quoi la nouvelle ?
-Oui c'est vrai, tu viens d'arriver et tu t'incrustes auprès des pions.
-Focus va.
-Tu me cherches ?
-Ho ho ça sent le duel.
-Tu risques d'y laisser des plumes, tofu écervelé.
-Parle pour toi, espèce de..., espèce de fille!

Ils ôtèrent chacun leurs dagues de leurs fourreaux, le duel se profila avec autour un cercle de Srams, puis d'autres classes venues parier sur le vainqueur. Ils n'eurent pas le temps de commencer, Tugin se faufila entre eux.
-Vous deux, suivez-moi.
-C'est elle qui...
-Je m'en fous.

Ils rangèrent leurs armes, et se regardèrent penauds. Le directeur, un vieux disciple d'Osamodas nommé Pusikraat, les réprimanda et leur confisqua leurs armes, ils s'entraîneraient avec des bâtons.

Peu après ils commencèrent donc.
-Tiens ton bâton plus fermement Isaya.
-Comme ça ?

Le professeur d'armes se glissa derrière elle, lui redressa le buste et lui prit les mains pour mieux orienter son bâton. Elle rougit et se dégagea lentement de l'étreinte trop inappropriée du Sram.
-Hé Guyren!
-Quoi encore Kabyl ?
-Qu'est-ce que tu faisais là ?
-J'enseigne le maniement des armes.
-C'est bien ça le problème, je peux tout voir tu sais.
-Gnégrneuneu.

Dans un grand champs de fleurs rouges j'ai perdu mon présent. J'ai cueilli quelques coquelicots.
Où est ma vérité ?

[2/6]

Les fleurs fanent, sont sombres.

-Elle est terrorisée la gamine.
-Tu t'étonnes de ça ? Il l'a violée!
-Il lui tournait autour, il lui propose de venir travailler tard, il n'est pas là elle le cherche, il la trouve...
-Ce n'est pas une raison Tug voyons! Tu es horrible.
-Non c'est toi qui te ramollit, rétorqua-t-il d'un ton calme.
-Tu ne crois pas qu'on devrait en parler ?
-Il est préférable que non, officiellement il s'est malencontreusement planté une dague dans la carotide.
-C'est ridicule pour un maître d'armes, tu aurais pu trouver mieux.
-Nous sommes des maîtres Vilunes, tu aurais pu m'aider au lieu de prendre en pitié cette enfant.
-Elle m'a l'air prometteuse.
-Franchement je ne crois pas, pas très musclée ni très souple...
-Elle m'a l'air prometteuse, répéta-t-elle avec insistance.
-Nous verrons...

Horreur, tête dans les genoux. Horreur et douleur, au creux de ma vie, la mort. Souffrance de l'âme, abandon...

-Je me propose de m'occuper d'elle.
-Tu es vraiment trop excessive et trop spontanée Kab, à cette heure-ci elle ne doit penser qu'à se suicider.
-La troisième période, deuxième meilleur moyen de créer un solide attachement au Vilune.
-N'utilise pas trop ce mot, nous sommes ici sous couverture.
-Oui, enfin on s'ennuie. Entraîner une novice me fera exercer mes qualités de maître.
-De maîtresse...
-Je n'aime pas ce terme Tug, tu le sais. Je vais la voir.
-Vole!

Aucun pleur encore, en approche, regrets ? De quoi...
-Isa ?
-...
-Tu veux quelque chose ?
-...
-Tu veux en parler ?
-Non.
-Appelle-moi si tu as besoin, je peux t'aider tu sais. Ne pleure pas voyons, Guyren est mort et il ne te fera plus de mal, jamais.
-Je l'ai tué...
-Tu veux que je t'aide à transformer tes sentiments actuels ?
-Snff, quoi ?
-La force, c'est dans la peine qu'on puise la force.
-Je...
-Hum, je repasserais quand tu auras fini de pleurer.

Quelques heures après elle revint me voir avec Tugin, m'expliquant que je ne devais pas en parler et me remontant gentiment le moral. Je ne pleurais plus. Dans la grande salle on ne parlait que de Guyren et de sa mort.
-Moi je suis sûr qu'il s'est suicidé.
-Ouais un maître d'armes peut pas se blesser par accident.
-Se tuer.
-Toi Isa t'en penses quoi ?
-Heu je... Bah...
-C'est bien une fille, le temps que les informations lui montent au cerveau...
-... Fais attention à ce que tu dis, mes dagues et mes mots sont acérés.
-Mais c'est qu'elle parle bien dis donc, tu pourrais aussi crier mon nom dans mon lit ce soir tu sais.
-Héhé Rulim t'es trop bête.
Ils éclatèrent tous de rire.
-Abruti... marmonna-t-elle.

Deux mois passèrent, son père ne sut rien de ce qu'il était advenu. Cela aurait-il atteint son cœur de marbre de toute façon ? Isaya s'intégra progressivement dans l'école, mais comme il y avait extrêmement peu de filles elle devait prouver aux garçons qu'elle valait autant qu'eux. Une fois ce stade franchi elle fut acceptée et respectée.
Tugin et Kabyl eurent de longues discussions, Isaya essayait de se concentrer dans la grande salle pour entendre leurs paroles désormais, tout à coup elle frémit.
Un mot, elle venait d'entendre un mot que son esprit avait effacé sans le vouloir, et l'entente de ce terme avait fait réapparaître des souvenirs disparus, des rêves révolus.
Ce mot ? Vilune.

-Transformer mes sentiments ?
-Heu pardon Isa ? l'interrogea Kabyl.
-Tu m'avais dis ça lorsque... ça s'est produit. Que tu pouvais transformer mes sentiments.
-Ah oui ça...
Elle semblait être passée à autre chose et ne prêter aucun intérêt à la Sramette.
-J'aimerais en savoir plus.
-Pourquoi ?
-Le Vilune.
-Pardon ?
-Ma tante m'en avait parlé, le Vilune.
-Tais-toi, ce nom s'oublie, ce nom se perd!
-Je vous ai entendu en parler.
L'Ecaflipette soupira de nouveau, remise en question.
-J'aurais du faire plus attention, Tug me le dit souvent. Je suis distraite.
-Mais... tu ne me réponds pas.
-La nuit le chant, courant tu trouves.
-Hein ?
-Je dois partir, trouve ta voie et revient me voir!

La nuit, le chant ? Courant tu trouves ? Il faisait nuit, mais j'étais dans le dortoir. Devais-je en sortir ? Fatiguée mais une lueur étrange dans les yeux je m'esquivais subrepticement. Je mis pas mal de temps à sortir de l'école car beaucoup ne dormaient pas et une Sramette en chemise de nuit dans les couloirs ce n'est pas autorisé. Une fois dehors je respirais l'air, pour la première fois depuis deux mois je n'y pensais plus. Je caressais mon ventre, étant dispensée des cours de maniement des armes par Tugin pour une durée indéterminée je commençais à prendre un peu de poids. Le vent souffla, comme avant.
Le bois de l'est ?
Mon passé! Je dois changer, courir.

C'est alors que je l'entendis, était-ce aussi facile ? En moi il chanta, lumineuse clarté. Des larmes d'inconnu jaillirent de mes pupilles dilatées. Courant ? L'odeur était musquée désormais, un grognement.
Volte-face. Un mulou!
Courir! Courant!

Il accéléra, je me revêtis alors d'invisibilité mais ma panique me rendait repérable. Désarmée, fatiguée je n'avais aucune chance face à l'animal.
Il chanta de nouveau.
Vilune.

Brisant ma dissimulation je sautais sur la bête, la ruait de coups. Des griffes saillantes, je luttais les yeux grands ouverts, sa gorge serrée entre mes mains.
Un mulou ? Désormais j'y voyais mes peurs, mes peurs que j'étouffais ressortaient. Haine.

Le lendemain Kabyl ne me regarda même pas, pourtant les traces de griffes n'étaient pas bien dissimulées. Avais-je trouvé puisque j'avais couru ? Etais-je passée à côté ? Avait-elle dit ces mots car je l'ennuyais ? Tant d'interrogations pesaient sur moi.
Soudain elle me jeta un regard, et me fit un clin d'œil.

Là-bas eloignés de tout, mes pleurs se jetteraient au ciel.

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MessageSujet: Re: Isaya Magda Katarena   Dim 22 Fév - 1:36

[3/6]

-Encore une épreuve à passer ?
-Un jour tu les auras toute faites.
-Un jour...

[4/6]

-Combien ?!
-Mille fois Isaya, et ne t'arrête pas.

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MessageSujet: Re: Isaya Magda Katarena   Lun 23 Fév - 20:38

[5/6]

-Je suis fière oui.
-Mais...
-Tu dois terminer seule, reviens ensuite.
-Je...
-Oui ?
-Je m'en vais.

[6/6]

-Non Tugin! Qu'as-tu ? ...
-Il te reste des choses à apprendre, écoute-moi.
-Non!
-Écoute-moi Isaya, ou meurs si tu préfères.
-Je...

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Date d'inscription : 05/01/2009

MessageSujet: Re: Isaya Magda Katarena   Lun 23 Fév - 21:02

Accomplissement
[1/2]

Une larme, une encre.

[2/2]

Deux mains, deux corps. Une discussion calme et plate. Isaya ne riait plus depuis un certain temps mais cachait avec désinvolture son amertume croissante. Accomplie elle devait être, à quoi bon vivre si c'est pour être mal, le mal résidait en son cœur et la Sramette ne cherchait plus à l'en déloger. Avec cet ami plus qu'ami elle pouvait se laisser devenir elle-même, pensant aux paroles sibyllines de Kabyl... l'accomplissement. Son encre, c'est alors qu'elle remarqua que le jour décroissant frappait le pan de muraille où ils marchaient ensemble, ils étaient partis de la terre ferme et désormais se tenaient en hauteur, comme elle l'aimait, il le savait. Prise d'une pulsion subite elle le lâcha et grimpa furtivement sur le haut du mur.

-Isa! Qu'est-ce que tu fais ?
-Calme-toi.

A sa droite la vie, resplendissante de laideur. A sa gauche le vide, le gouffre de l'ardeur.

-Pourquoi vivre si je dois porter tant de fardeaux ? La joie ne m'apporte rien, autant rejoindre Sram dans son cachot éternel.
-Isaya tu es belle, jeune et intrépide. Il est vrai que tu en as trop vu...
-Trop vu ? l'interrompit-elle. Tu plaisantes j'espère! Voir des soit-disant arpenteurs du Vilune se battre pour le pouvoir, avoir accouché de ce souvenir du pire évènement de ma vie. Être sans rêves, être sans vie...
-Trouve-toi un rêve!

Il se mit à pleuvoir, elle buvait cette fine brume en sentant son corps se parer à résister au froid. Elle leva son pied gauche, il flottait sur le vide.

-Si tu fais ça, tu me manqueras. Viens dans une autre contrée avec moi, oublions ces tumultes passés.
-Ne les oublions pas, susurra-t-elle, survolons-les! De quelle contrée parles-tu ?
-Une très éloignée d'ici où personne n'entend parler du Vilune et de ses immondices. Là où il ne pleut jamais.
-Là où il ne pleut jamais...

La pluie rendait le sol glissant, Isaya avait travaillé son agilité mais la lassitude lui faisait oublier ses leçons, à moins que ce ne soit volontaire, la pierre se déroba sous elle.

Pas un cri, pas un bruit, un flétrissement de son âme. Sa main était retenue, il la regardait, le sourire baigné de larmes. Soulevant sans grande peine le corps de cette amazone, il la prit ensuite dans ses bras.

-Allons en Amakna, Dame Katarena, allons en Amakna, ma Dame de nuit.
-Yrsime...
-Non, le passé s'éteindra comme tout feu ardent, oublie ces bribes heureuses et reviens au présent.
-Merci, je t'aime énormément Waalsik, énormément.
-C'est le plus grand des bonheurs pour un être frêle comme moi que d'être aimé par une si jolie Sramette.

Rougissant, Isaya esquissa un sourire, elle rit même. Un rire sonore et puissant, un rire salvateur balayant toute épreuve et toute séquelle. Son avenir l'accaparait, elle s'en irait en Amakna!

Ils allèrent chercher Elva, qui s'amusait avec d'autres enfants d'arpenteurs du Vilune, principalement des garçons car selon elle les filles n'étaient pas assez fortes. Ils prirent deux chevaux, Elva devra monter en croupe derrière Waalsik car Isaya n'aimait pas son contact. Le voyage durera plusieurs jours, jours durant lesquels les effluves de chênes du bois de l'est obséderaient les narines de la Sramette. Ces senteurs la faisaient oublier, elle imaginait tout ce qu'elle pourrait entreprendre.

Elle partit chercher Elva, la déposa dans les bras de Waalsik sans aucune affection.
Le chemin fut assez long mais sans trop d'encombres, Isaya était souvent pensive et Waalsik les protégerait des brigands qui ne résisteraient pas à son expérience du combat. Ils n'eurent donc aucune encombre majeure. Du moins jusqu'à ce que...

-Waalsik ?
-Oui Isa ?
-Tu entends ?
-Non je n'entends rien, pourqu...
-Ce silence n'est pas vrai. Nous ne sommes pas seuls je crois, prépare-toi.

Toujours paré, le guerrier Xélor prépara son marteau et se mit dos à sa Dragodinde. Isaya descendit, jeta en une fraction de seconde un regard sur Elva, en sécurité sur la monture, puis sortit deux dagues affûtées de leurs fourreaux.

-Tu es certaine de...

Il fut interrompu, quatre guerriers fondirent sur eux.

-Qui êtes-vous ?
-Le Vilune, aventurier...
-Stop! dit-elle en interrompant sauvagement l'individu. Nous sommes le Vilune, vous n'êtes que des égarés et la voie n'est pas pour vous.
-Assez parlé faquins, battons-nous.

Le combat fut long, deux guerriers sur chacun d'entre eux. Waalsik sûr de lui, asséna un sérieux coup sur le premier, mais deux fléchettes se plantèrent dans le cou du Xélor : un tireur embusqué.

-Isa...
-Waalsik! Non, non, qu'est-ce qui t'arrive ?

Elle avait réussi à venir à bout du premier assaillant, mais ses forces faiblissaient et elle redoutait les archers invisibles.

-Utilise... le Vilune...
-Non...
-Tu d...

Un guerrier venait de mettre fin à ses souffrances, lui tranchant la gorge, les trois restants s'approchaient et l'encercleraient bientôt.

Elle fit un bond, prit Elva sous son bras gauche, et virevolta vers le corps de Waalsik afin de lui fermer les yeux, définitivement. Ils s'approchaient à toute allure, prêts à en finir aussi avec elle.
Le Vilune la transporta.



Épilogue

Poèmes de silence :

Ciel

Parfois quand l'envie muse vogue jusqu'à ma plume
Mon esprit désancré s'envole pour la lune
Là il y puise du rêve, des songes et de l'été
Pour revenir sur terre, revenir et pleurer.

Cœur

Le mien est de glace
Mais pas n'importe laquelle
Celle qui brise le feu, et ose pourfendre l'âme
Celle qui brille quand elle peut, et n'est plus sèche qu'une larme
Amère certitude qu'elle ne fondra jamais.

Vérité

Égarée ? Infortune qu'as-tu fait! Quelle plaie inguérissable s'est ouverte en mon âme
Revenue ? Illusion, tu oses te jouer de moi!
Vilune ? La raison.

Vilune

Un accomplissement, l'ai-je acceptée cette encre ?
Noire comme ma souffrance.

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