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 [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze

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Veng'
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MessageSujet: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Ven 26 Mar - 0:26

Le Chant du Monde - Fragments retrouvés I

Bibliothèque de Pandala[24,-34]

"Il n'y a rien ici". Pendant des lustres et des lustres, ce fut bien la seule chose à dire du recoin d'Univers dont il est question dans cet ouvrage.
Mais ô vénérable lecteur, admirable lectrice, l'as-tu senti, toi aussi ? Certes oui, sinon tu ne te retrouverais pas à lire ces quelques ligne... Intrépide lecteur, lectrice téméraire, tu le devines, tu le sais : l'Histoire est en marche ! Un Monde s'apprête à fleurir ici même sous tes yeux !
Mais prend garde toutefois : c'est d'une naissance peu ordinaire dont il s'agit ! Et ceux qui attendent une histoire à papa, une de celles qu'on raconte le soir aux enfants sages, feraient mieux de refermer ce livre. Car il ne trouveront ici aucune fée exauce-minute, aucune allumeuse de feux d'artifesse ni d'archer aux attributs superbement moulés dans une combinaison de cuir souple, et encore moins de preux paladins gavés de testostérone - Pardonnez moi, je m'emballe... Les pages qui suivent décrivent la genèse d'un Monde bientôt plongé dans les ténèbres absolues.
Déchiré par des guerres sanglantes. Livré en pâture aux brutes ! Aux rustres ! Aux barbares ! Voici l'histoire de ce Monde qui tirait sa splendeur d'une demi douzaine d'œufs, et qui fût précipité dans le chaos à cause d'eux.

Mais, révéré lecteur, sublime lectrice, permet-moi de me présenter : Acidrik Fenlapanse, maître des divination et haruspices. En clair : je lis le passé et l'avenir dans les entrailles de tout ce qui se meut à la surface de ce Monde. Je lis aussi dans la mousse de bière, pourvu qu'elle soit d'Amakna, et dans le carré de porc ( Mais uniquement du trois étoiles ). Tu trouveras dans les pages qui suivent tout ce qu'il m'a été donné de voir sur la création du monde : tu tutoieras les Dieux et les Déesses, tu posséderas un point de vue extérieur des champs de batailles, lecteur, lectrice, tu comprendras que le Monde que tu entrevois en ces lignes renferme un grand nombre d'histoires.

Prologue

En guise de prologue à ce récit, apprenez qu'un Dieu seul ne peut suffire à créer un monde digne de ce nom. Or, le Monde dont il est question ici doit beaucoup à Osamodas, un Dieu taciturne qui préfère la compagnie des bêtes à celle des autres Dieux. Certains disent qu'il s'est fait une spécialité des invocations animales pour se tenir compagnie... Ce qui profite à ses fidèles : les disciples d'Osamodas peuvent invoquer les plus beaux représentants de la faune d'Amakna : du Tofu, ce gracile volatile au plumage jaune, au Bouftou, ce gracieux herbivore au lainage blanc, en passant par le Prespic, cette graisseuse bestiole dont les piqûres arrachent des cris de douleur aux plus endurcis.

Lors de l'une de ses promenades solitaires, le Dieu Osamodas tombe nez à nez avec un panneau étrange. De cette trouvaille, et grâce aux dragons du Dieu, un nouveau Monde naît.


" Ici il n'y a rien". Écrit en lettres de feu sur un panneau de platine, les mots clignotent tour à tour.

Ils semblent flotter au milieu de nulle part. Autour du panneau gravite un astre froid et morne lancé comme tant d'autres à travers le vide sidéral. Lire ce panneau est d'ailleurs la seule chose à faire là - Mais encore faut-il être un Dieu et s'appeler Osamodas.

Foulant le vide sidéral de ses pieds divins mais néanmoins enflés par la longue marche qu'il vient d'effectuer, Osamodas admire ce vide sidéral qui l'entoure. Il est si différent des autres vides qu'il connait ! Un vide aussi pur, aussi illimité, ça ne se trouve pas tous les jours, ni dans son entourage, ni même dans la tête du Dieu Iop - Ce trait d'humour enchante un Osamodas en pleine autosatisfaction. A ses yeux, le Dieu Iop est l'être le plus fougueux, impétueux, mais aussi le plus brutalissime de l'Univers.
Il est sûr et avéré que Iop, qui jongle avec des cœurs encore palpitants au petit-déjeuner, qui brise l'échine d'un dragon comme on le ferait d'une brindille, fait régulièrement grincer les dents pourtant tranchantes du Dieu Osamodas ( Iop a, c'est vrai, un sens de l'humour très personnel). Ils s'étaient quittés quelques fragments de poussières de millénaire auparavant sur ces mots :
"Osamodas, dis moi... Est-il vrai que ta divine personne est nue sous ces oripeaux ?"
En réalité, Osamodas est ses disciples sont vêtus d'authentiques vêtements de dressage taillés dans le cuir de leurs ennemis... Et il n'y a là pas une once de matière drolatique, tout au moins aux yeux du Dieu. Il y avait de quoi écraser un long soupir.

C'était donc un vide sidéral de première qualité, tel qu'on en croise une fois au cours d'une existence cosmique, qui s'étendait sous les yeux d'Osamodas. Le vide. Un panneau. Un astre qui gravitait autour du panneau dans un recoin de l'Univers qui lui était complètement inconnu. Pas étonnant : il lui avait fallu marcher longtemps pour dissiper l'humour du Dieu Iop. Comme à son habitude, il était parti seul, entouré de ses trois dragons. Mais cette fois là, il sentait bien qu'une allégresse peu commune les accompagnait, lui et ses bêtes. Il vit là le présage d'événements qui allaient rester gravés dans les annales cosmiques. Il avait raison !
Helioboros, son dragon blanc, et Ouronigride, son dragon noir, étaient tous deux d'humeur primesautière et pourfendaient l'espace à la poursuite l'un de l'autre, un spectacle somme toute assez terrifiant pour qui n'y est pas accoutumé. Spiritia, le dragon multicolore, restait sur son épaule, sifflant entre ses babines épaisses un air très connu chez les dragons multicolores. Si les environs n'avaient été si noirs et enténébrés, et si peu propices à une partie de cache-cache entre dragons, le spectacle offert par Osamodas et ses créatures aurait presque paru guilleret.

Méditatif, Osamodas s'est penché sur le panneau et inspecte les lettres de feu d'un œil circonspect. Il attend que les bribes d'avenir qu'il vient de percevoir se cristallisent dans le présent. La roche ronde tourne autour de lui.
Soudain, Ouronigride le noir, fait claquer ses mâchoires et une gerbe de foudre sombre se répand dans l'espace : le panache étincelant qui orne la queue d'Helioboros vient de lui échapper... Quelques filaments d'un blanc immaculé crépitent pourtant dans la gueule du dragon noir, il glousse de rire. Son œil unique, plissé par malice, s'arrondit subitement sous l'effet de la surprise : Helioboros, furieux, tente de lui éperonner le flanc gauche ! Pour l'éviter, il fait une sorte de cabriole - Il s'étonne d'ailleurs d'être capable d'un soubresaut aussi grotesque mais pourtant salvateur - puis virevolte dans un grondement. La foudre immaculée jailli des naseaux d'Helioboros lui a chauffé les côtes : c'est dire s'il est passé près ! Alors que le dragon blanc s'apprête à le charger une nouvelle fois, Ouronigride se sauve.
Le dragon noir se met à tourbillonner autour de la roche qui est aux pieds de son maître, suivi de près par Helioboros. Les deux dragons décrivent maintenant des cercles de plus en plus serrés, contractant leurs corps, l'espace, le temps. Le premier tente de semer le second. Ils filent à une vitesse vertigineuse. La roche est rouge et un sifflement assourdi s'en élève à mesure qu'elle s'échauffe. Ça n'est plus qu'un magma incandescent. La croute en fusion est percée. Un sifflement devenu perçant s'en élève... A cet instant Osamodas donne une pichenette à Spiritia; le dragon multicolore comprend : instantanément il fond sur la roche, se love autour d'elle pour la protéger. Une déflagration d'ombre et de lumière se propage dans l'Univers.
Osamodas lève un sourcil. Un nouveau Monde est né. Il entend les autres Dieux accourir pour voir ça... Fini la tranquillité.




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MessageSujet: Re: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Ven 26 Mar - 0:45

Le choix des Dieux - Fragments retrouvés II

Bibliothèque de Pandala[24,-34]

Dix Dieux sont réunis autour d'Osamodas. Dix Dieux connus qui tous ont entendu le chant du nouveau Monde. Comme il est de coutume chez les Dieux, chacun des dix Dieux s'apprête à faire un don

Vous auriez vu les deux dragons Ouronigride et Helioboros trôner de part et d'autre du monde tel des piliers brillants, l'un noir et l'autre blanc !
Vous auriez vu les volutes bleutées s'entortiller doucement autour de ce monde nouveau, et Spiritia l'enserrer délicatement en ses anneaux !

Vous auriez vu cela... Si seulement vous étiez un Dieu. Et même ! Il vous faudrait être un Dieu susceptible d'approcher Osamodas : son aura est si puissante qu'elle repousse toutes les entités de faible envergure, ce qui met Osamodas à l'abri des opportuns. "Tous ces Dieux mineurs qui rêvent de grimper dans l'échelle du panthéon méritent d'être écharpés à coup de bec de Tofu !". Cette remarque clamée par le Dieu à qui voulait l'entendre, achevait de repousser les éventuels gêneurs.
Jusqu'ici, neuf Dieux ont pu approcher Osamodas et ses dragons. Pour l'heure, d'autre sont autour de lui : Sram, encapuchonné dans les volutes épaisses et sombres de sa cape, dont les dents seules luisent comme de pâles croissants de lune. Sadida, figé dans une posture Sacrificielle; sur son masque peint s'accrochent des lambeaux de lumière. Enutrof, dragon de flammes et d'or qui n'en finit pas de brûler, ni de fondre. Xélor enfin : sa frappe par le passé martelait bien des crânes et sonnait le glas de bien des Dieux. Il en serait de même à l'avenir.
Subitement, une sorte de glougloutement, mi-organique, mi-stellaire se fait entendre, une brèche de lumière s'ouvre derrière les cinq Dieux puis explose soudainement en une gerbe d'étincelles. Cinq silhouettes se dessinent dans le vide de l'Univers et Une lame s'abat sur le Dieu Xélor qui l'arrête à l'aide de son horloge. Les muscles saillants, Iop jette un regard réprobateur à Xélor.
-Oxydée me semble être ta cuirasse, splendide guerrier ! Réplique Xélor avec détachement. Le métal de ton armure serait froissé, ou l'un de tes muscles peut-être ? Ajoute-t-il.
- Pile c'est Xélor, face c'est Iop. Embraye Ecaflip pour éviter que la discutions ne s'envenime. Le Dieu chat qui règne sur la chance et le hasard tire une pièce de sa poche en souriant dans ses moustaches.
- Il suffirait de dire à vos fidèles de vous adresser des prières plus raffinées ! S'exclame Eniripsa, déesse des soins et des remèdes. Et la déesse Feca, la protectrice, renchérit : Il faudrait surtout leur dire que "Je t'en prie, écrase cette tête de Craqueboule s'il te plaît" ou "Momifie-moi vite s'il te plaît Dieu Xélor" Ne sont pas des prières inspirées par une foi authentique !
- Suffit mes amis. Dit la Déesse des archers, la belle est redoutable Crâ.
- Ce monde vient de naître, il mérite toute notre attention... Tout du moins une attention égale à celle que lui portent nos compagnons.
Osamodas, Sadida, Sram, Enutrof et Xélor sont tous les cinq penchés sur le monde, et leurs yeux ont la couleur de la convoitise.

- A-t-il seulement une conscience ce monde là ? Demande Eniripsa.
- Une conscience de nouveau né, il vient d'être créé.. Répond Osamodas. J'attendais que... Nous soyons tous réunis. Pas question de bâcler la tâche qui nous attend.

Eniripsa ne s'attendait pas à ce genre de répartie. La situation lui parait pour le moins étrange : depuis quand les Dieux de Magie Noire créent-ils des mondes ? Ils sont plutôt doués pour la destruction.
Elle lança un regard appuyé à Osamodas, flanqué de Sram et de Xélor. A ce qu'elle peut en juger, Sram lui adresse un sourire amicale, toutes dents dehors.
Quant à Xélor c'est branle bas de combat dans les bandelettes ! Il a beau cacher qu'il est une momie, il part en poussière au moindre mouvement. Pire : il en met partout ! Un vrai fléau pulvérulent, bourré à ras-bord de champignons à vous coller une allergie à vie ( C'est en tous cas l'avis d'Eniripsa ).

Osamodas reste silencieux. Il pense " Créer des espèces diverses et variées, à ailes, à pattes, à plumes, à la va comme je te pousse... Pour les voir anéanties dans un cataclysme quelques milliers d'années plus tard, le tout à cause d'une erreur d'inattention du Dieu-qui-se-cure-les-dents-avec-sa-dague-pendant-le-don-des-Dieux ! Tout mais pas ça ! Pas comme la dernière fois ! Hors de question ! Cette fois-ci ce sera Ordre et Méthode !"
- Dieu Iop ! Ta nonchalance nous a coûté cher par le passé... La dernière fois que nous avons engendré un monde, tu l'as abandonné, laissé à la merci des aléas de l'Univers. Et une météorite s'est écrasée dessus. Rasé ! Anéanti ! As-tu seulement songé aux âmes ? Tus sais comme je me soucie des âmes, n'est ce pas, Dieu Iop ?

Iop hausse un sourcil. Qu'est ce qu'il a le vieux Osamodas ? Vu son humeur, vaut mieux pas trop la ramener... Mais quand même ! Le coup de la météorite, la dernière fois, n'était pas vraiment sa faute. Et puis c'était à l'autre bout de l'Univers, un petit monde bleu de rien du tout. C'est vrai qu'il avait laissé rôtir tout un tas de créatures plus ou moins reptiliennes là-bas - De la graine de démon tout ça ! D'ailleurs, à ce qu'il en savait, le Monde en question se portait beaucoup mieux sans eux.- La vérité c'est qu'Osamodas est jaloux. Mais de quoi bon sang ? Cette question, Iop se la pose depuis un bon moment déjà. Il pianote sur le fourreau de son épée d'un air qui se veut flegmatique, signe qu'il est un tantinet agacé.
Vous auriez pu entendre tomber un silence embarrassé sur l'assemblée des Dieux ! Enutrof lançait de petits ronds de flamme d'un air absent et Sadida veillait à ce qu'il ait le plus d'espace entre lui et sa coiffe feuillue. Sram, lui, souriait toujours ( Enfin, lui montrait ses dents). Xélor tentait de réprimer une quinte de tous naissante, alors qu'Eniripsa ne relâchait pas sa vigilance : pas question que les miasmes du Dieu momie ne touchent sas narines.
La déesse Feca lustrait son bouclier au rythme des bzouings-bzouing que faisait le Déesse Crâ avec la corde de son arc. Feca était arrivée la dernière, toute ébouriffée. Ecaflip s'était imperceptiblement rapproché de Iop et faisait rouler un pièce entre ses doigts. De là, il pourrait séparer Osamodas et Iop si jamais...
- Voilà, voilà, je suis fin prête ! Alors, on le forme ce cercle ? s'exclama la Déesse Feca, le sourire aux lèvres. Admirant son bouclier elle n'avait rien suivit de ce qu'il venait de se passer.
- Approchons-nous et que le cercle soit ! Dit la Déesse Crâ, saisissant l'opportunité de détendre l'atmosphère... Et le cercle des dix Dieux fut formé.

- Par notre présence, notre souffle et notre voix, nous donnons à ce monde le feu, la terre, l'air et l'eau. Chaque créature qui y vivra sera soumise à la loi de ces quatre éléments : pour chacune d'elles, nous déciderons de ses forces et faiblesses... Que ceux qui servent la magie noire se rangent au côté d'Ouronigride le noir ! Que ceux qui servent la magie blanche se rangent aux côtés d'Helioboros le blanc ! Que Spiritia le chatoyant unisse nous vœux en une seule même volonté !

Eniripsa s'avança et dit :
- Mes disciples Eniripsas seront des êtres à l'intelligence vive et la flamme du feu blanc brûlera dans leur esprit. Que des montagnes crèvent la voute terrestre et que leurs flancs soient baignés par la lumière et la chaleur. Les Eniripsas y vivront et récolteront fleurs, plantes et roches nécessaires à leurs coctions et décoctions de soin.
- L'intelligence ?! Que les disciples de Xélor, à l'esprit aiguisé en soient également pourvus ! Qu'ils attisent le feu noir et que le feu noir les attire en retour.. Je leur donne les déserts arides, ils se délecteront de la sécheresse et joueront avec le temps.
- J'en veux autant pour mes disciples de Feca, aussi intelligents que les précédents ! Ils seront protecteurs du feu blanc, le feu blanc sera leur guide et les bêtes leur confieront leur confiance. Que les plaines ensoleillées soient créées, et qu'elle leur soient données !
- Pour deux disciples du feu blanc, deux disciples du feu noir ! Disciples d'Osamodas, vous serez semblables à moi ! Votre intelligence sera redoutable, votre résistance stupéfiante ! Vous vivrez près des volcans, à l'intérieur des soufrières ! Vous serez respectés des dragons et les créatures accourront à votre appel !

Iop éclata d'un rire tonitruant et rugit :

- Disciples de Iop, votre sang sera rouge ! Vous puiserez votre puissance dans le feu, la terre ou l'air, qu'importe pourvu qu'ils soient blancs.. Que naissent mille montagnes ! Elle résonneront de vos chants guerriers, elles vous accueilleront pour vous reposer...
-J'aime ça ! Qu'il en soit aussi ainsi pour les disciples de Crâ ! Ils suivront la voie de l'air mais aussi de la terre et du feu blanc. Leur vue sera perçante, qu'ils vivent dans les cimes des arbres, celles de montagnes ou celles de arbres des montagnes.
-Moi, Sadida, je place mes disciples sous la protection du feu noir, qu'ils le servent en retour. Et qu'ils servent tout autant l'air noir. Ils se nourriront d'eau et de terre, habiteront dans les forêts. Intelligents Sadidas, vous fabriquerez des créatures obéissantes, loyales et meurtrières. En ce monde naissant, je lègue un florilège de plantes, d'arbres, de mousses...

Sadida, satisfait, ricana.. Alors, Ecaflip entonna :

- Ecaflips ! Vos sorts, droits sortis de la terre blanche seront à l'égal de votre force ! Que jaillissent montagnes et forêts, quelles soient pour vous une demeure un abris et une aire de combat à la mesure de vos griffes !

Enutrof dit d'une voix rauque :

-Ils useront de la magie noire... Mes aventureux enutrofs... Ils auront une chance phénoménale... Puisée dans les abysses et les profondeurs... Et sur leur cœur je soufflerai ! Si loin qu'ils soient dans les entrailles de la terre, si loin qu'ils soient de toute vie ils ne défailliront pas... Jamais.

- Dérobeurs, détrousseurs, voleurs, chapardeurs, coupe-bourses, pilleurs et tricheurs. Sram, mes disciples, je vous lègue agilité et force. Je vous fais rapides comme l'air noir et amants de la terre noire. Ces parures végétales vous dissimuleront, ces rochers vous cacheront... Vous serez invisibles aux yeux de tous... Sauf aux miens.

Osamodas frappe dans ses mains :

- Il est temps de nommer ce monde ! S'exclama-t-il d'un ton qui se voulait badin.
- As-tu pensé à quelques chose ? Demande Iop.
- Certes ! J'ai trouvé ce monde, il se nommera "Osamodia" !
- Trouvé ?! Est-ce à dire que tu ne l'as pas créé ? Lança Eniripsa, interloquée.
- Et de quel droit porterait-il ton nom ? Tonna le Dieu Iop.
- Ce serait un privilège immense que t'accorder cela, pourquoi pas "Monde de Xélor" dans ce cas?
- Xélor appréciera ce geste, Dieu Iop, et t'en sera reconnaissant à jamais ! Clama Xelor.
- J'y repenserais dans cent mille milliards d'années, Dieu Xélor Grommela Iop.
- Sexifocsee est un nom qui me sied assez. Dit Sram.
- Qu'est ce que... ? S'étouffa la Déesse Feca.
- Les initiales de chacun des dix Dieux réunis ici ! Répondit-il fièrement.
- Je rappelle à cette divine assemblée que nous régnons déjà sur deux mondes... Nommés "Esscofixee" et "Secoxisfe"... Répondit Enutrof.
- Et la musique de ce nom heurte mes tympans, Dieu Sram. Lança la Déesse Crâ
- Et pourquoi pas "Le monde des Dix" ?
- ...

Unanimes, les Dieux répétèrent "Monde des Dix". Et le monde était né. Il portait désormais un nom, était peuplé d'êtres et de créatures et suscitait l'intérêt des Dieux les plus puissants de l'Univers, ce qui augurait un destin épique, héroïque, en tous cas pas banal.


Dernière édition par Veng' le Ven 7 Jan - 23:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Ven 26 Mar - 1:14

Le Temps des Dragons - Fragments retrouvés III

Bibliothèque de Pandala[24,-34]

Les trois dragons d'Osamodas insufflent la magie sur le Monde. Le dragon noir inspirera la magie sombre, le blanc la lumineuse. Trois dragons noirs et trois dragons blancs sont engendrés et s'incarnent dans le Monde, ils forment la souche de tous les dragons d'Amakna.
Quant au dragon multicolore, il charge l'air, la terre, l'eau et le feu de pouvoirs magiques. Six dragons élémentaux sont créés, ils donneront naissance aux Dofus - dans la langue des dragon ce mot désigne les oeufs de dragon-.


Monde des Dix... Il faut à présent une magie digne de ce nom. Ouronigride le noir et Helioboros le blanc gonflent leurs poumons et leur chant rauque retentit soudain. Empreint du feu noir et du feu blanc, il roule sur le Monde comme le tonnerre. Leur souffle charrie de grandes et vielles âmes, celles de trois dragons noirs et trois dragons blancs. Elles descendent sur le Monde, six panaches fuslés et scintillants qui forment une ronde aussitôt désagrégée. Arrivée à hauteur des cimes des plus hautes montagens que compte le Monde, chaque âme part dans une direction différente, son sillage strident formant une étoile à six branches.


Une des âmes s'immerge dans les rais de la première lumière du matin, la plus pure de la journée naissante. Elle devient opalescente et tremble : l'âme du dragon avait déjà abandonné son enveloppe céleste en descendant dans ce monde de matière, elle abandonne maintenant sa deuxième peau, tressée de lumière d'étoiles. Elle s'ébroue pour faire disparaitre les derniers lambeaux d'éther qui s'accrochent à elle. Chair et muscles apparaissent enfin. Pour la neuvième fois de son existence céleste, Dardondakal, celui qu'on appellerait plus tard Le Sage s'est incarné. Il exauce Helioboros, le seigneur de sa race. Les deux autres âmes blanches ont mué elles aussi. Elles ont filé en rasant les terres, avalant de-ci, de-là, une goulée d'air. Elles ont survolé la mer, l'écume ruisselle sur leur peau bientôt couverte d'écailles. Ces dragons seront célèbres et connus sous le nom de Croulakrakoss et de Gresgaoulian. Le Monde des Dix compte désormais trois dragons blancs.

"Une part de nuit pour moi. Une part de profondeur souterraine pour toi. Reste un part d'abysse pour toi... Le colosse d'ombre grogne : une noirceur épaisse suinte de sa gueule à peine formée. Ses chairs se densifient lentement, et il fait jouer les muscles de son dos pour déchirer l'enveloppe devenue visqueuse - Les restes de son existence divine - Qui entrave ses mouvements. Les deux autres âmes dragons ont acquiescé au partage fait par celui qu'on appellera plus tard Grougalorasalar lu Fuligineux.L'une d'elle glapit et se jette dans les profondeurs de la terre. Quant à l'autre, elle qui devait s'enfoncer dans les eaux noires elle désobéit. Elle plane à la surface des terres et des eaux, avide.. Et elle se met en quête de la seule chose qui l'a attirée ici-bas. Car cette âme dragon, plus que tout autre chose a faim, elle rêve de dévorer l'esprit vivant d'un être ici-bas...

Les dragons blancs et les dragons noirs se sont donc incarnés. Pendant tout ce temps qu'Ouronigride et Helioboros ont chanté, Spiritia s'est joint à eux, braquant sa gueule vers le monde en y insufflant la couleur. Elle se met à palpiter, et l'eau, le feu, la terre et l'air ne furent plus ni blanc ni noir, ils prirent chacun une couleur. L'eau devient bleue, du même bleu qu'Aguabrial qui est son gardien. Les feu rougeoie à l'image d'Ignemikhal, le dragon Rouge. La terre reflète le brun de Terrakourial puis l'air qui camoufle Aerafal. Ces quatre dragons, jeunes mais aussi puissants, sont chacun les gardiens des quatre élémentaux, les noirs et les blancs se retirèrent chacun dans leur antre. Et le matin suivant, les quatre élémentaux couvaient chacun un œuf.


Dernière édition par Veng' le Sam 27 Mar - 2:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Ven 26 Mar - 1:20

Le Temps des Dofus - Fragments retrouvés IV

Bibliothèque de Pandala[24,-34]

Les Dofus émettent des pulsations et diffusent l'harmonie sur le Monde. Les petits Dieux, Dieux mineurs, minoritaires, Dieux de rien, apprennent l'existence du Monde des Dix. Les démons également, tels que Rushu l'un d'entre eux, et non des moindres.

Les dix Dieux avaient suivi avec intérêt l'évolution du monde. Depuis quelques temps, des nuages dodus et rondelets dodelinent dans le ciel, les deux luminaires célestes alternent leur course lente, l'un le jour, l'autre la nuit. Les monde est couvert de montagnes, forêts, plantes, rivières, de fleuves, et de mers. Çà et là des geysers fumants crèvent la terre, et l'eau sort des crevasses. La vie s'épanouit dans les recoins de cette nouvelle terre. L'herbe rit, bousculée par le vent chaud et humide des plaines. Les premières pousses croissent et les graines colportées aux quatre coins du mode promettent de germer de mille autres façons encore. Les Œufs des six dragons élémentaux maintenant à l'unisson, et leur aura propage l'harmonie dans le Monde.

Les trois dragons d'Osamodas en ont fait un monde influençable par la magie, blanche ou noire. Et la multitude des petits Dieux est venue aussi; les Dieux sans fidèles, les Dieux impubères, les Dieux incultes... Celui-ci a élu domicile sur une feuille de frêne, celui-là se délasse les pieds dans une gouttelette de rosée. Ils peuplent le monde de leur présence minuscule et enchanteresse. Et les légions de démons lorgnent aussi sur ce monde qui, rumeurs ou ragots, fut créé par la griffe d'Osamodas, l'un des leurs. Petits et grands, démons majeurs et démons mineurs, tous se pressent à la lisière de l'Univers. Naturellement, il leur est défendu de poser ne serait-ce qu'un seul orteil poilu au delà de la limite connue de tous les démons. Un pacte a été scellé entre les Dieux d'ici et les démons de là-bas. Ce pacte défend aux démons d'envahir l'Univers avec un grand "U"...
Il ne faut pas les plaindre, car qui connaît les démons sait qu'ils ont de bonnes raisons d'être enfermés dans un univers parallèle fait de soufre et de pierres, sans douet pavé de bonnes intentions, mais très chaud, voire suffocant et assez invivable quand même. Ils s'agglutinaient donc au-delà de cette barrière invisible. Les plus bruyants sont les petits démons, le démon des étrons, celui du moisi, le démon du pus jaune, celui du pus vert, et celui des carcasses et des asticots, le démon du furoncle et de la verrue, bref, toute la populace démoniaque, curieuse et agitée, celle des jours de fête.

Des cris et des protestations s'élèvent dans le brouhaha. C'est Rushu, le démon le plus puissant de cette partie de l'Univers. Il fend la foule de ses congénères à grands coups de fouet. Des bouts de cornes, des touffes incandescentes, des dents et même parfois un bout d'œil ou d'oreille volent tout autour de lui. Il se place au devant de tous les autres, jouant des coudes pour voir ce qui se trame du côté du Monde des Dix. Il hèle les Dieux.
- Mes frères ! Est-ce bien un nouveau monde que vous entourez de votre attention la plus grande ?
- C'est exact ! Rugit le Dieu Iop. Et tu n'est pas invité à nous rejoindre Rushu ! Cinq Dieux de magie noire pour cinq Dieux de magie blanche, c'est la règle ! C'est l'équilibre et cela est rare ô combien !

Ruchu plisse les yeux. Il passe sa langue en fusion sur ses dents aiguisées, ce qui, ailleurs que dans la bouche de Rushu, conduirait à des effets divers monstrueux et terrifiants. Un sifflement strident se fait entendre.
- Bien, seigneur Iop... Il en sera ainsi. Persifle Ruchu. Je serais respectueux du pacte et je réponds de mes démons comme de moi-même. Rushu tapote la tête d'un petit démon écarlate, sont l'épiderme grésille un peu plus à chaque tapotement. La Déesse Feca sert imperceptiblement son bouclier contre elle.

- Et qu'en est-il des Dofus ? Y a-t-il des oeufs sacrés sur ce monde ? Demande Rushu.
- C'est possible. Dit la Déesse Crâ. Elle sent son arc vibrer dans sa main, comme un invitation à ne pas trop en dire. Il ajoute, sur un ton innocent : Ce monde n'est-il pas peuplé de dragons ?
- Certes, oui. Aquiesce la Déesse.
- Nous pourront affirmer la présence des Dofus lorsqu'ils auront commencé à battre. Et pour cela, pour décompter leurs pulsations, il nous faut une horloge, une horloge divine ! Clama Iop.
- Et qui mieux que toi pourrait la fabriquer, n'est ce pas Xélor ? Dit le Dieu chat Ecaflip. Xélor sourit sous ses bandelettes.


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MessageSujet: Re: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Ven 26 Mar - 1:23

Les six Dofus - Fragments retrouvés V

Bibliothèque de Pandala[24,-34]

Ce livre est une pâle copie de son prédécesseur... Les Dieux auraient-ils souhaité nous cacher quelque chose sur ces œufs ?
Je reste dans l'ignorance mais il me reste encore d'autres fragments à traduire, j'espère trouver les réponses à mes questions à l'intérieur.


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MessageSujet: Re: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Ven 26 Mar - 1:53

L'Horloge Divine de Xélor - Fragments retrouvés VI

Bibliothèque de Pandala[24,-34]

L'horloge divine conçue par Xélor est réglée sur les battements des Dofus. La pulsation unique des œufs sacrés fait régner l'harmonie sur le Monde, mais Rushu le seigneur des démons s'estime lésé.

Tous sont d'accord c'est au Dieu Xélor qu'il appartient de mettre en branle le décompte du temps. Il lève un pan de sa cape et sort son sablier portatif que ne le quitte jamais. Cet instrument lui sert simplement à figer le temps. C'est très utile pour réparer les accros dans la trame temporelle, lorsque les dates s'effilochent pour finalement être dévorée par les Mitetemps, et que les chronologies frisent comme les antennes d'un vieux Tempousfouguite. Lorsque cela se produit, les Vers à Soie du Temps, dressés spécialement par Xélor lui-même, tissent le précieux fil temporel qui servira à repriser les déchirures.
Xélor décrète une trêve de quelques milliers de grains de poussière sidérale, qui commence à s'égrener par le col étroit de son sablier. La course de l'Univers est stoppée, et c'est comme un grand coassement qui se fait entendre pour disparaitre enfin.
Le silence qui règne va apaiser les fluctuations divines et cosmiques qui parcourent l'Univers. ( Il faut dire que Iop et Osamodas, et même tous les Dieux du Monde des Dix ont des principes radicalement opposés. Or, l'harmonie céleste doit être impérative, et l'entente divine être parfaite pour que le temps puisse s'écouler sereinement.)
Xélor aurait bien donné un grand coup de gong s'il en avait eu un a disposition. Mais il lui faut aussi se rendre à l'évidence, ce n'est pas ici, au beau milieu de nulle part, qu'il va trouver un gong. Après avoir jeté un coup d'œil circulaire à l'assemblée des Dieux, il fixe son attention par la voûte stellaire. Il est absorbé par quelque chose que lui seul semble voir, et soudainement, il lève haut les bras dans un envoi de bandelettes et de poussière lumineuse, ce qui est certes inutile mais ce sont ces petits riens qui font toute la différence...
Il pince la matière inerte de l'espace environnant, puis fait tournoyer son index, comme pour y embobiner un fil invisible. Il en détache un cocon de matière stellaire, lequel se mue instantanément en une myriade d'œufs minuscules aussitôt changés en une nuée d'éphémères dorées.
Les éphémères agglutinées côte à côte, forment alors le corps d'une horloge qu'on aurait dite faite d'une matières vivante et mordorée. D'un geste, Xélor désigne l'intérieur de l'horloge et quatre papillons translucides s'y engouffrent aussitôt. Les papillons magiques sont attelés à la mécanique horlogère. Après quelques battements d'ailes, ils s'élèvent et le mécanisme se met en marche. Le tic tac se fait entendre. Pour être bien certain que les papillons Tempousfouguite sont motivés et concentrés sur leur tâche, Xélor leur adjoint la compagnie d'une grenouille dévoreuse de temps. Bien sûr il y a quelques ratés et la dévoreuse a eu plus d'un indigestion... Mais après quelques réglages, Xélor cale enfin l'Horloge sur les pulsations des Dofus. Elle égrène maintenant des secondes parfaites.

Arrive le temps où Xélor scelle le corps de l'horloge en la couvrant de onze gemmes violettes. Le temps s'écoule désormais. L'attelage des papillons, titillés par la grenouille collée à leurs basques, présente aux yeux de Xélor l'avantage non négligeable de ne pas devoir être remonté. Bien sûr, il faudra remplacer un papillon de temps en temps, mais ce ne sont pas les Tempousfouguite qui manquent.
Chose remarquable, dans les entrailles de l'horloge divine est inscrit précisément TOUT ce qui se passe dans la monde. A n'importe quel moment. N'importe quand. En effet, l'horloge est faite d'éphémères divins; Or chacun de ces insectes naît et meurt en un instant pour renaître ensuite tel un phénix miniature.
Telle une archive boulimique, l'horloge recèle les faits et gestes de chacun, des premiers cris jusqu'aux derniers soupirs. Et à l'instant où les âmes quittent leurs enveloppes corporelles pour rendre hommage à leur Dieu on peut entendre comme un léger tintement...
Non content que son horloge donne heures, minutes et secondes, Xélor décida de diviser le cadran de l'horloge en onze mois et quatre saisons. L'été fut créé pour exalter la flamboyance des divinités Iop, Ecaflip et Crâ, l'automne pour encenser le Déesse Feca et le dieu Xélor, l'hiver pour magnifier l'institution des Dieux Sram, Enutrof et Osamodas, le printemps enfin pour célébrer la sérénité dont font preuve les deux Dieux Sadida et Eniripsa.

L'horloge de Xélor est réglée sur les pulsation régulières des six Dofus répartis sur le Monde. Chacun des six bat comme un seul cœur endormi, et l'écho de leurs pulsations se répercute partout... L'horloge fait avancer le Monde.
Maladresse ou volonté des dix, Rushu, le Seigneur des démons, ne reçu pas sa part de temps... De rage il s'empara de l'horloge et laboura grossièrement les gemmes de sa main griffue. A force de griffer les pierres il les entailla suffisamment pour ajouter un douzième mois : Descendre, le mois des démons. Par les interstices des pierres il glissa les larves noires et gluantes chargées de ralentir la course des papillons durant le mois démoniaque.
L'entaille faite à l'horloge ne laisserait pas le Monde indemne. Il est déséquilibré : avidité et convoitise s'y infiltrent. L'harmonie est rompue. Et les Dofus battent maintenant chacun à leur propre rythme.
Dans leur désir d'équité, les Dieux tolérèrent le mois de Descendre. Xélor, l'esprit génial qui avait conçu l'horloge fut nommé Grand Gardien des Temps Passés et Présents. Il nomma un protecteur chargé de veiller sur chaque mois de l'année.
Rushu argua que seul l'un des siens pourrait éviter aux larves de pourrir dans l'horloge : Il imposa Djaul, le Grand Patojeur, comme protecteur de mois de Descendre. La seule mission que ce démon mineur s'accorde est de faire en sorte que les jours sombres du mois de Descendre soient les plus longs et nombreux de l'année.

Et l'horloge archiva la liste des protecteurs nommés par les Dieux comme suit :

Solar, gardien de l'ordre de Iop, protecteur de Janvian.
Silvosse, héro humain, maître des boutures, protecteur de Flovor.
Menalt, guerrier centaure de l'ordre du tonerre, protecteur de Martalo.
Silouate, le Minothoror, protecteur de Aperirel.
Rosal, maître des fleurs, protecteur de Maisial.
Sumens, fervent du Dieu Enutrof, gardien de Juinssidor.
Hécate, démon femelle mineur, protectrice du mois de Joullier.
Pouchecot, le Grand Fruité, protecteur de Fraouctor.
Raval, le Terrible, protecteur de Septange.
Maimane, le Stabilisateur, protecteur d'Octilliard.
Brumaire, le Saigneur macabre, protecteur de Novamaire.
Djaul, démon mineur, fidèle de Rushu, protecteur de Descendre.
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MessageSujet: Re: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Sam 10 Avr - 4:26

Les Larmes de la Déesse - Fragments retrouvés VII

Bibliothèque de Pandala [24;-34]


Selon l'érudit Hel Munster, un battement d'ailes de Moskito peut provoquer une tempête à l'autre bout du Monde. Lorsqu'un démon tente de dérober un Dofus la première vague d'ombre s'étend sur le Monde... Mais de l'obscurité jaillit parfois la lumière. Une nouvelle Déesse accéde au panthéon.

Djaul court à perdre haleine, traversant les champs inondés et les forêts boueuses. Tenter de berner un dragon bleu est périlleux. Échouer est désastreux : les environs sont noyés sous une pluie battante. Toute cette eau se transformera en torrent, en ruisseaux qui rapporteront à Aguabrial le moindre de ses mouvements. Combien de jours se sont écoulés depuis qu'il a essayé de berner le dragon ? Impossible à dire... Reclu dans l'antre d'Aguabrial, Djaul a perdu le fil du temps. Et les pluies qui tombent depuis Octillard noient les paysages et effacent la marche des saisons. Djaul a alors l'idée d'user de son privilège de protecteur pour consulter l'Horloge Divine.
Elle apparaît à sa demande, chacune des douze gemmes violettes brille d'un feu intense. LE démon lui fait face et alors qu'il déchiffre la date il sent la colère monter en lui. Les pluies de Novamaires lui ont paru longues et pour cause, Brumaire a amputé seize jours à Descendre ! Aussitôt, Djaul déchaine la glace de Descendre sur le Monde. Au moins l'eau restera muette un moment... Pendant deux semaines, le démon séjourne dans les pénombre des forêts du Sud, ruminant son échec jusqu'à la fin de Descendre, alourdissant les terres de neiges et de glace. Le 31 Descendre, sa vengeance est prête.

Ce jour-là, comme chaque année, Solar monte sur les hauteurs d'Amakna. Il s'apprête à clamer le début de Javian et le commencement d'une année nouvelle. Djaul l'attend, tapi dans l'ombre. Au onzième coup sonnant minuit le démon bondit et laisse exploser sa rage et sa furie. Les combat des deux protecteurs est d'une violence telle que les pierres et les roches alentour en gardent les blessures.
Solar, frappé à mort, s'écroule sans vie. Victorieux, Djaul précipite la dépouille du protecteur de Javian au bas des montagnes d'Amakna. Ce mois de Descendre allait être l'un des plus longs et rude que connaitraient les habitant du Monde des Dix.
Famines, épidémies et pillages ravagèrent les campagnes. Les habitants étaient démunis face à une telle situation. Seules les Déesses semblaient porter attention à leurs disciples. Fecas et Crâ pouvaient user du feu blanc pour se munir du froid. Les Eniripsas pouvaient compter sur leur art du soin qui leur permettait de subsister. Quant aux autres, ils s'affaiblissaient chaque jours d'avantage. Il n'était pas rare de voir des aventuriers autrefois fiers, des guerriers jadis victorieux, morts de froid et d'épuisement sur les routes et recouverts de glace.

Un jour enfin, un prophète vint. Il disait avoir été bûcheron et maintenant il prêchait la parole de la Déesse Sacrieur. Une Déesse nouvelle venue ? "Oui !" répondait le prophète. " Les malheureux lui jurent fidélité en lui remettant leurs souffrances et grâce à la Déesse ils recouvrent force et vigueur..." Des prières s'élevèrent dans les contrées pour que les tourments cessent. Mais ces prières là n'étaient plus destinées aux Dieux qui semblaient insensibles, mais à la Déesse Sacrieur qui paraissait être une Déesse de compassion. Elle qui ne vivait que par la foi d'une petite centaine de disciples vit des fidèles affluer de toutes parts. Les douleurs infligées par le froid étaient compensée par les forces que la Déesse octroyait à ses fidèles. Les fidèles de Sacrieur marchèrent des Landes de Cania jusqu'au port de d'Amakna afin de convertir ceux qui le voulaient. Le prophète déclamerait par la suite ces quelques alexandrins :

Nous partîmes cinq cent; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois milles en arrivant au port,
Tant à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient de courage !


La suite de ce texte se perdit dans la foule et le temps et furent repris par un écrivaillon beaucoup plus tard, dans un autre monde... Mais c'est une autre histoire. De son côté, Djaul avait suivi l'avènement de la Déesse avec un grand intérêt. Il se demandait comment tirer avantage de la situation. Perché dans les cimes d'un hêtre il observait les mouvements des Sacrieurs lorsqu'il sentit soudain une main l'agripper et le tirer violemment en arrière. Surpris, il n'eut le temps de se rattraper aux branches et dégringola jusqu'en bas. A moitié assommé par sa chute, il vit Silvosse, le protecteur de Flovor, se dresser devant lui, les poings serrés sur le manche d'une marteau massif.

- Démon, mes arbres gèlent ! Par ta faute ! Et toi, Djaul le Patojeur, tu viens, tu plantes tes griffes dans l'écorce des mes protégers ! Et tu crois t'en tirer comme ça ? Celui-là
(Il désigne l'arbre), ne supporte plus ta présence dans ses branches... Et moi non plus ! Djaul eut à peine le temps d'esquiver le coup que lui assénait Silvosse. Tout autour du marteau la neige fondit instantanément.
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MessageSujet: Re: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Sam 10 Avr - 4:32

Les Larmes de la Déesse - Fragments retrouvés VIII

Bibliothèque de Pandala [24;-34]


- Place ! Fais place, Djaul ! Le mois de Flovor commence ici et maintenant. Ôte-toi de mon chemin et ne cherche jamais à entraver Flovor ! Je ne voudrais pas mêler ton sang à la sève de mes arbres... Lui dit Silvosse d'une voix rauque. Djaul se releva et, encore titubant, se dirigea vers le Sud.



Au même moment, l'assemblée des Dieux s'étaient réunie pour accueillir la Déesse Sacrieur.
- Qu'a t-elle fait pour mériter sa place ? Vocifère Rushu.
- Elle a simplement des fidèles qui croient en elle. Répondit calmement le Dieu Iop. Il ajouta : Et ils sont plus nombreux chaque jour.
- J'exige une preuve ! Elle n'en est pas digne ! Je le sais ! Cria Rushu en pointant du doigt la Déesse qui restait impassible.
- Il n'y en a nul besoin. Répondit encore le Dieu Iop et, avant qu'il ait pu ajouter un mot, la Déesse Sacrieur prit l'Horloge Divine entre ses mains. Elle la tenait tel un oracle. Chaque seconde écoulée murmurait la vie du Monde... Elle et tous les autres Dieux entendirent la souffrance et l'effroi des habitants d'Amakna. Ils étaient en proie aux peurs les plus folles et dans le chœur de plaintes qui s'élevait les Dieux percevaient pourtant une note douce et grave, celle de l'apaisement. Prise de compassion, une larme roula sur la joue de la Déesse, tomba sur l'Horloge Divine, s'infiltra dans les rouages et glissa sur la grenouille dévoreuse de temps qui coassa de surprise... L'Horloge, soudain vivante, fut prise d'une unique convulsion : l'espace et le temps, passé et présent semblèrent se froisser...

A cet instant, Xélor prédit que Bonta et Brâkmar, les villes rivales, seraient détruites lors de la guerre des cités et que, grâce à la larme de la Déesse, elles rejailliraient du néant dans lequel l'Histoire les aurait jetées. Cette fois, Xélor ne toucherait pas à cette anomalie chronologique : c'était une seconde chance offerte aux deux cités.

Rushu, d'abord interloqué, arbora un large sourire satisfait et quitta l'assemblée à grands pas. Le Monde des Dix s'appellerait désormais le Monde des Onze.
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MessageSujet: Re: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Sam 10 Avr - 4:39

Anges & Démons

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Les prophètes

Si l'on pouvait écouter ce qui se passe dans les têtes des prophètes on entendrait les messages se bousculer. Eux ont dépassé le stade des intuition. Ceux-là sont accros aux signes. Ils ouvrent un grimoire au hasard et trouvent une réponse à leurs question. Parfois c'est un Chienchien qui vous montre le chemin. Des souhaits soudainement exaucés ? Hasard ? N'importe quel philosophe vous dira qu'il n'y a pas de hasard. Que les coïncidences n'existent pas. Le prophète ne remercie jamais dans le vide. Et le Dieu grandit. Lorsqu'il allume une bougie sacrée, quans il fait brûler de l'encens, il nourrit son Dieu. Qu'il fasse une offrande, qu'il dresse un cairn, alors là le Dieu sort le grand jeu. Il a des voix qui résonnent à l'intérieur de la tête, c'est la fête ! Le prophète prêche à tout va, devient souvent martyr, mais il a fourgué sa foi cent fois. Ça suffit.
A ses débuts le Dieu s'attache aux nouveaux convertis comme de la glu. Il écoute leurs prières, exauce les vœux dare-dare. Puis avec le temps il devient puissant...

Le Monde, les Dieux

Ce que disent les livres des anciens est sans doute vrai : dès qu'il fut créé, le Monde reçut les bienfaits de dix Dieux. Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi il en serait autrement : crois en un vieil érudit, les Dieux ont tout intérêt à le faire... Cas, si d'ordinaire les Dieux de l'Univers se côtoient sans heurt, ils n'hésitent pas à s'affronter lorsqu'il s'agit d'attirer de nouvelles âmes qui leur seront fidèles et dévouées ! D'ailleurs un Monde récemment créé est un endroit très attrayant pour une âme et il n'est pas rare que de très vieilles âmes décident de s'y incarner en gardant souvent la pleine conscience de leur vies passées. C'est pourquoi notre Monde, pourtant jeune, a vu paraître des guerriers habiles et aguerris, des alchimistes et forgemages maîtrisant parfaitement leur art, des êtres d'exception dont témoignent encore aujourd'hui les vieilles légendes.

Les cultes et la foi

A l'origine du Monde, les cultes étaient bien plus nombreux qu'aujourd'hui, la croyance en un Dieu unique circulait même chez certains mages et prêtres.
Qu'il me soit permis d'ouvrir une parenthèse à propos de la physionomie des êtres qui peuplent notre monde. Bigre ! Si tu es parvenu jusqu'à ces lignes, c'est sans doute que tu t'interroges sûrement sur ce point : Pourquoi les Crâ ont les oreilles pointues ? Et les Osamodas une queue fourchue ? Et les Sadidas une tête touffue ? Pourquoi les taverniers sont si gros et pourquoi n'ont-ils pas les traits d'un Sram ou d'un Xélor ? Quant à la question de l'embonpoint du tavernier, m'est avis que les excès de bière n'y sont pas étrangers. Mais mille autres questions se posent encore.
Une chose est sûre : ici-bas, et la règle est la même dans l'Univers entier, la foi portée par une âme à une divinité influe sur son enveloppe charnelle : celle-ci tend à prendre les caractéristiques (le physique et les comportement) de la divinité vénérée. Et les liens de parenté dans tout ça me ferez-vous remarquer ? C'est fichtrement simple : si des fidèles de cultes différents s'unissent, ils n'auront pas d'enfants au sens biologique du terme. Leurs enfants seront plutôt des fils ou des filles spirituels, c'est à dire qu'une âme qui se sentira en affinité avec les valeurs de couple, pourra décider d'être leur fils ou fille. Note ceci : une âme qui s'incarne a le choix d'être disciple d'un Dieu OU de se laisser le temps de la réflexion quant à sa foi. Dans ce second cas elle s'incarne sous une forme humanoïde et l'enfant parait. Libre à lui de devenir fidèle de l'un des Dieux ou de rester athée. Dans ce cas il gardera sa forme humanoïde. Une âme décidant de s'incarner au sein d'une longue lignée de Iop embrassera la voie iopesque et sera vraisemblablement un jeune Iop.

Au contraire, une âme décidant de s'incarner au sein d'une longue lignée de taverniers aura toute l'adolescence devant elle pour choisir le culte auquel elle désire consacrer sa vie terrestre. Cette période de choix s'achève à la puberté. Une fois le flot d'hormones spirituelles passées, plus possible d'embrasser un culte sauf conversion miraculeuse reconnue par le Dieu lui-même.
Maintes fois j'ai entendu la question se poser : Herdegrize, où naissons-nous ? Je répondrais que cela dépend du choix de l'âme... Qu'elle décide de s'incarner dans un œuf pour éclore ensuite, dans un nid de Prespic, dans une rose démoniaque, que sais-je ? L'essentiel est bien que des êtres naissent !

Prier son Dieu

Le fidèles qui cherche à rendre hommage à son Dieu sera bien inspiré de se rendre dans la ville d'Astrub. Là-bas, aux pieds de son Dieu il déposera son offrande. Il pourra en faire de même dans l'un des temples d'Amakna. Nul besoin d'une débauche de présents luxueux ! Pour plaire à ton Dieu, tu penseras au don qu'il a fait jadis au Monde. Tu lui offriras ainsi ce qui existe grâce à lui, c'est un juste retour des choses. Tu en apprendras plus en lisant les pages qui suivent... J'y décris chaque culte. Je me suis copieusement documenté sur chaque Dieu, et j'ai longuement parlé avec leurs fidèles. Leurs témoignages valent plus que n'importe quelle spéculation d'érudit en mal d'écriture.
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MessageSujet: Re: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Sam 10 Avr - 4:41

Dieux & Démons

Bibliothèque de Pandala [24;-34]


D'où viennent les Dieux ? Car les Onze ne sont pas uniques. Ils ne sont pas les seuls de l'Univers, loin s'en faut. En vérité il pullulent, partout, tout autour de nous. Ignorés bien souvent du commun des mortels. Hel Munster, dans l'un de ses fameux opuscules, le Diis Ignotis, en dénombre en dénombre pas moins de mille huit cent vingt quatre. Ce célèbre théoricien de la brise Quadrimentale sourient qu'il descendent de l'Univers jusque dans le Monde des Dix grâce à cette brise magique. Naturellement, comme tous les philosophes des déités diverses et variées, il n'a jamais pu le prouver. Parmi ceux qu'il recensés, on peut en compter de remarquables : les dieu des champignons comestibles, les Dieu qui endort les Moskitos les nuits d'été, le Dieu des danses existantes destinées aux vers de hameçon ( excitantes pour les poissons s'entend), mais aussi des Dieux apparemment indispensables : celui qui décuple la force d'une frappe ou l'effet d'un sort de façon extraordinaire, celui qui fait pousser les arbres plus vite, celui qui charge les dépouilles des monstres en ustensiles forts utiles, en bibelots très beaux et en objets qui faciliteront vos projets d'aventurier.
Bref, une multitude toujours aux aguets, prête à sauter sur le moindre vivant qui leur portera un soupçon d'attention ( Au début ça suffit ). Le but étant de transformer l'attention sus-nommée en un FOI authentique. Certes, les débuts d'un Dieu sont souvent modestes. S'ils ont la volonté d'être connus pour ce qu'ils sont - Des divinités aux pouvoirs bientôt incommensurables - Ils ont peu de moyens : les intuitions, les signes et les voix. Mais encore faut-il que les fidèles croient... Il y a un certain bout de chemin à parcourir avant cela.

Prenons le cas de la Déesse Sacrieur, qui n'était pas née de la dernière pluie... Elle sut s'imposer dans le cercle très fermé des Dieux sacrément utiles... Au départ de son ascension, une simple constatation : la souffrance est particulièrement répandue dans le Monde des Dix.
Sous toutes ses formes d'ailleurs : douleur, désolation, tourment, torture et j'en passe (ce qui est étonnant c'est que les autres Dieux ne s'en soient pas aperçus plus tôt). Or le maître mot pour les Dieux en quête de fidèles est simple : pour percer, il faut innover dans le sacré. Et la Déesse Sacrieur l'avait bien comprit !

Elle choisit un apprenti bûcheron. Avec sa hache il frappait comme tombe la foudre : jamais deux fois au même endroit. Il n'avait pas assez de ses dix doigts pour compter ses blessures... Chaque jour le Déesse venait près de lui, invisible et minuscule. Elle attendait patiemment jusqu'à ce qu'il fut a bout de nerf et hurle de douleur ou de colère. Le jour tant attendu arriva enfin : alors qu'il se prenait la tête entre ses mains ensanglantées pour le jeter contre un tronc elle lui glissa cette idée à l'oreille :

S'il se frappait d'abord
La foi chevillée au corps
Et essayant ardemment
Il aurait dans le sang
Une dose abondante,
Et même ahurissante
d'adrénaline
Pour d'une traite gravir une colline
Devenir un phénoménal brise-tout
Et fendre une bûche d'un coup


L'apprenti bûcheron suivit le conseil de la voix. Sa hache tomba. Ses doigts furent épargnés et la bûche fendue de haut en bas. Il entendit alors à l'intérieur de sa tête :

Plutôt que de subir et d'être affligé de mille souffrances,
Mieux vaut agir et s'infliger une juste pénitence,
C'est le seul moyen d'estourbir à bonne cadence !
Sacrès sont tes cris, Sacrieur !


Et comme la voix qui lui disait cela était une voix de femme, le bûcheron crut en une Déesse qui s'appelait Sacrieur. Chaque jour il faisait pleuvoir les coups sur ses jambes, ses doigts, sa tête, ses bras et ses forces se décuplaient. Il se mit à psalmodier des prières de son invention : "Joie de recevoir, plaisir d'offrir" ou encore " Tendre la joue droite, frapper du gauche". A ce moment, la Déesse Sacrieur sut qu'il était prêt à devenir prophète...

Lors du terrible hiver provoqué par la mort de Solar, le bûcheron prêcha dans les campagnes. Les paysans avaient suffisamment souffert pour tendre l'oreille à l'inconnu qui leur pormettait de transformer leur souffrance en une force nouvelle. En moins d'une semaine, il avait refilé ses prières à la ronde comme d'autres leurs microbes. Les fidèles furent bientôt légion. La Déesse fut ajoutée au panthéon. Les Monde des Dix s'appellerait à ce jour le Monde des Onze...
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MessageSujet: Re: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Sam 10 Avr - 4:48

La Forêt des Abraknydes

Atelier des Forgemages [-5;-12]

Il y a bien longtemps, avant l'arrivée des êtres évolués et de leurs bourgs, Amakna était une région à la végétation luxuriante, la faune et la flore s'épanouissaient merveilleusement.

Lorsque les premiers êtres évolués se manifestèrent, venant pour la plupart des mers et des montagnes entourant la région, ils découvrirent des forêts animées et hostiles.

Après plusieurs disparitions, on comprit que les forêts cachaient un terrible secret. Des arbres vivants, que l'on nomma "Abraknydes" furent découverts. Opposés à l'installation de nouvelles races, ils s'attaquaient systématique à quiconque osait s'approcher d'eux.

La Découverte des Abraknydes


Les Abraknydes tiraient leurs pouvoirs du cœur de la forêt. Capables d'invoquer des Araknes et de se régénérer en plein combat, ils étaient de terribles adversaires pour ceux capables de voir la menace qu'ils représentaient. Quoi qu'il en soit, les êtres évolués et leur feu mirent bien vite un terme à la révolte de la forêt.

Dès lors, avant chaque nouvelle construction, le premier réflexe des envahisseurs fut d'allumer quelques torches et d'incendier les parcelles de terrain dont ils avaient besoin. La forêt ne se fit plus entendre et progressivement, les Abraknydes disparurent.

Cependant, au nord-ouest d'Amakna, une partie de la forêt est restée intacte. Tous les foyers qui ont pu être allumés et tous les coups de hache qui ont pu être portés n'ont jamais réussi à en venir à bout.

Le pouvoir des Abraknydes


Certains racontent également qu'au sein de cette forêt repose le Chêne Mou.




Le Chêne Mou

Il s'agirait du gardien ancestral et vénéré de tous les végétaux. D'après la rumeur, le Chêne Mou est le cœur et la conscience de la forêt.

De nombreux aventuriers essayèrent d'en savoir plus sur cet arbre légendaire, souvent plus attirés par les trésors que par le savoir, mais très peu revinrent pour raconter ce qu'ils avaient vu?

Face aux versions différentes des quelques rescapés, les autorités n'accordèrent que peu de crédit à leurs dires. Pourtant, lorsque d'importants groupes d'hommes disparaissaient, les anciens pouvaient à chaque fois constater une recrudescence des Abraknydes.

Le mystère reste donc entier, les hommes ayant de puis longtemps renoncé à réduire en cendre cette sombre forêt.
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MessageSujet: Re: [Bibliothèque] Les livres du Mondes des Douze   Sam 10 Avr - 4:55

L'Avènement d'Hyrkul

Bibliothèque de Brâkmar [-31;38]


Toi qui t'apprêtes à lire cette histoire, prends garde ! Tu ferais bien de te vêtir de ton plus beau Slip du capitaine Chafer avant d'entreprendre cette lecture. Car une fois les premiers paragraphes parcourus il ne sera plus temps d'arrêter. Quand au slip susmentionné tu pourras toujours décider de t'y accrocher car personne ne t'entendra crier ! Dernier conseil d'ami, évite de souiller ledit Slip car tu risques d'attirer les Mamas Bworks ou pire de têter de l'os d'un Chafer enamouré !

Ne tournes cette pages qu'en ton âme et conscience !



Bref, l'histoire s'est passée il y a longtemps... Tout semblait assez paisible alors. Paysans et bergers d'Amakna n'avaient à se méfier que du Mulou, voire du Prespic... Ces prédateurs naturels qui leur volaient quelques Bouftous, saccageaient leurs champs à l'occasion...
Les bergers Feca des environs, lassés par les méfaits des bestioles s'étaient organisés en petites troupes armées. Lukryh Leuk était l'un de ces Fecas. Jeune et intrépide, il n'avait pas son pareil pour traquer les milimulou lors de battues vengeresses. "Un Milimulou pour un Tofu. Un Mulou pour un Bouftou", telle était sa devise. Mais les terres pacifiques du Monde furent bien vite envahies par des créatures bien plus inquiétantes que des Mulou. Pour preuve, nombre de pieds de paysan furent foulés pendant cette période et parfois même les têtes des paysans foulaient-elles le sol elles aussi (Mais c'était alors autrement plus douloureux ).
Onques ne vit-on créature si terrifiante en Amakna, et les paysans mouillaient leurs fonds de culotte... Djaul, le serviteur de Rushu et gardien du mois de Descendre était l'une de ces créatures. Il arpentait le Monde et venait rôder parfois dans le village d'Amakna. A son air on voyait bien qu'il était tout sauf bien intentionné : cornes plantées dans le crâne, yeux rouges, sabots fourchus et une haleine à faire défaillir une pucelle.
De nombreuses érections de produisirent alors, je veux parler des temples qui furent bâtis à cette époque et les oraisons jaculatoires se multiplièrent : tous les fidèles des Dieux souhaitaient contrebalancer le pouvoir grandissant de Djaul. Le Monde devait sous l'égide de Dieux, quoique Djaul et Rushu puissent tenter ! Mais la puissance spirituelle des temples n'était pas suffisante...

Ces heures qui s'écoulaient dans la peur étaient maudites et Xélor le savait. Le Dieu désigna Menalt le centaure pour être le commandeur d'un nouvel ordre chevaleresque. L'ordre ut placé sous la protection de l'un des dragons d'Osamodas, Helioboros, le dragon blanc. Le dragon le baptisa "Lordre du Coeur Vaillant" et octroya à Menalt la faculté d'utiliser la foudre blanche. Ses chevaliers furent chargés de la surveillance des routes, des temples et des chemins. L'ordre compta bientôt parmi ses recrues des dizaines de nouveaux chevaliers, preux et loyaux. Tous ne pouvaient pourtant prétendre à ce statut. En effet, le commandeur Menalt avait décrété que seul un acte de bravoure permettrait d'être adoubé chevalier de l'Ordre.

Entre temps, Lukryh Leuk, le jeune berger Feca, était devenu un chasseur célèbre pour ses traques à travers tout Amakna; il s'attaquait aux monstres les plus puissants qui existaient. Puis un jour il y eut un écho retentissant : Lukryh, en gage de sa bravoure avait juré de ramener à Menalt un trophée exceptionnel. Il s'enfonça dans les forêts profondes du sud pour ne plus jamais réapparaitre.
Toi qui est parvenu jusqu'ici, tu en sais assez sur Lukryh.

Tous pensèrent que le jeune homme, qui aurait fait un chevalier remarquable, fut la victime d'une des créatures de Djaul, mais personne ne put en apporter la preuve... Les recherches pour le retrouver durèrent des mois. Les chevaliers s'enfoncèrent loin dans les terres du sud. C'est au cours de l'une d'elles que les chevaliers repérèrent la ville de Brâkmar et surent d'emblée que cette ville était imprégnée d'effluves démoniaques.
Pour le contrer, Jiva, Pouchecot et Menalt incitèrent les fidèles à édifier Bonta qui serait un rempart contre les démons. L'Ordre du Coeur Vaillant, devenu le bras armé de Bonta, protégeait la cité des harcèlements brâkmariens avec hardiesse et vaillance. Jusqu'à ce jour d'automne appelé l'Aurore Pourpre...

Ce qui suit est une vision qui m'est parvenue après que j'aie fini la rédaction de ce livre... J'ai sans douté écrit sous la dictée d'un esprit, peut-être même est-ce l'âme d'Hyrkul qui a écrit ces lignes et non moi... Un jour quelqu'un pourra certifier que cela n'est pas une chimère, ni le fruit de mon imagination, mais la réelle et très vraie histoire de Lukryh...
Je laisse donc maintenant la parole à celui que j'appellerai désormais L'esprit de Lukryh

Une présence maléfique s'était manifestée depuis quelque temps dans Amakna. Les bergers Fecas étaient inquiets. Au petit matin, on retrouvait des dizaines de bêtes, parfois des troupeaux entiers, amorphes, les yeux vidés de toute émotion. Pourtant, les nuits étaient silencieuses et rien ne trahissait une quelconque agitation. Les chevaliers de l'Ordre multipliaient les patrouilles, armés et vigilants.

Ce matin-là, j'avais fait le tour des enclos comme à mon habitude. Arrivé près de mon troupeau je vis mes Bouftous, tous tournés dans la même direction, vers la forêt. Raides et immobiles. Je sentis la rage monter en moi. Une piste fraiche menait à la forêt. C'était la première fois que "la chose" laissait des empreintes. Je souris : une telle erreur allait être fatale à "la chose".
Je suivais la piste depuis un moment déjà lorsque j'arrivais à la lisière de la forêt des Abraknydes. Je m'engageais sur le sentier principal. L'herbe était flétrie et à mesure que j'avançais, l'odeur d'humus devenait entêtante. Fréquemment, des arbustes s'agrippaient à mes vêtements, m'empêchant d'avancer. Au détour du chemin, je vis une trouée dans les arbres. Je quittais le sentier pour m'y rendre afin de me repérer. A chaque pas, il me semblait que la trouée se reculait, toujours plus loin.
J'étais fatigué. Je m'embourbais progressivement dans une terre toujours plus boueuse. La vermine y grouillait, des vers s'enroulaient autour de mes chevilles, et la nuit finit par tomber.

- Hyrkul...

Hyrkul ? Quel était ce nom ? J'étais à bout de force. Je vis s'élever devant moi une silhouette en lambeaux. C'était un fantôme, une âme ailée qui semblait pareille à un dragon noir. Le souffle court, elle continua.

- Je vais... Te donner plus de pouvoir... Que tu n'en rêveras jamais... Tu seras un Seigneur de Guerre... Mais... En contrepartie, je serais avec toi, chaque jours... Chaque nuit...


Les mots tourbillonnaient dans ma tête. Je m'évanouis. Lukryh était mort. Hyrkul était né.
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