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 Le Kanigrou

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Orza
Cheftaine de la Troupe d'Allister
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MessageSujet: Le Kanigrou   Jeu 2 Sep - 2:29

Le Kanigrou


Depuis plusieurs jours je combattais sans relâche les cavaliers et les bergers Porkass des plaines, usant avec détermination de ma baguette en racine d'abraknyde. Je ne connaissais pas grand monde, à peine descendue de Pandala et sans expérience aucune de l'univers qui m'entourait. Je me suis vite rendue compte que si je voulais avoir une chance de survivre dans ce monde, il fallait que j'aie les moyens de lutter. Je me suis donc confectionné un équipement sommaire et j'ai tenté ma chance dans divers endroits avoisinant Astrub, les plaines des Porkass s'étant avérées les plus rentables. J'avais la peur au ventre, j'étais persuadée que chaque coup me tuerait, mais j'y ai survécu et gagné en assurance. Si bien qu'au bout d'une semaine à peine je combattais des groupes de plusieurs cavaliers Porkass sans hésitation, si certaine de l'infaillibilité de ma baguette et de mon mot de régénération. Mais les combats devinrent lassants, enchaîner les mêmes sorts et les mêmes artifices pour vaincre ces bestioles stupides ne m'amusait plus du tout. Je me sentais forte, très forte! J'ai alors décidé de viser plus haut, je suis rentrée me reposer à la taverne d'Astrub afin de reprendre des forces, et le lendemain matin je partais à l'aventure. Je ne m'attendais pas à une quelconque difficulté étant donné que je maîtrisais ma magie à la perfection, du moins je le croyais. Je me suis échauffée sur quelques Porkass puis me suis avancée plus profondément dans les landes de Cania, dans les plaines rocailleuses qui regorgeaient de créatures jusqu'alors inconnues. Des Blops, des serpentins, et surtout des Kanigrous. Ceux-ci me semblaient si vulnérables avec leur air hagard et leur grosse bedaine. Néanmoins une part de raison subsistait encore en moi, et aucun de ces groupes de monstres ne me paraissait réellement inoffensif, jusqu'à ce que... En face de moi, isolé de ses congénères, un Kanigrou me fixe. Je me précipitais sur lui, certaine de n'en faire qu'une bouchée.

Ce ne fut pas le cas, il tenta de m'éventrer et mes blessures étaient si profondes que je fus obligée de me consacrer entièrement à ma guérison, sans lui lancer un seul coup de baguette. Une fois remise sur pieds je m'apprêtais à lui asséner un coup puissant mais il ne sembla même pas ressentir de douleur. Il se précipita de nouveau sur moi, tous crocs dehors. J'eus recours à mes mots de frayeur, dernier sortilège capable de m'éloigner de ce monstre, mais il bondissait vers moi à une vitesse ahurissante. Je reproduis le manège assez longtemps pour me permettre de me régénérer, mais encore une fois j'étais dans l'impasse : comment blesser ce mastodonte ? La peur s'instillait en moi, mon cœur battait plus fort que jamais et mes jambes tremblaient sous mon poids. Je déglutis et me décidais à tenter le tout pour le tout, je m'avançais vers lui afin de le blesser le plus possible. Je n'en eus pas le temps, il m'éventra comme un vulgaire bout de tissu. Au sol, incapable de me relever, je brandis ma baguette d'un geste désespéré, il me piétina la main qui la tenait. Désemparée, sans aucune autre ressource, je sentais ma fin venir. Cette fois j'avais visé trop haut, mon heure était venue. J'en vins à implorer la déesse Eniripsa, mais il était trop tard, le Kanigrou bondit une ultime fois sur mon corps en lambeaux, puis repartit au loin, me laissant agoniser dans l'herbe souillée de mon sang. Pourtant le destin décida qu'il n'était pas encore temps pour moi de mourir car je réussis à réunir assez de force pour me revitaliser un peu, suffisamment pour me relever. Une heure plus tard j'étais presque totalement rétablie, et je marchais prudemment vers Astrub, sans aucune autre pensée en tête que de rentrer à Pandala et ne plus jamais en sortir. Mais plus je me rapprochais de la ville plus son agitation m'imprégnait, je repensais à ce qui m'avait fait quitter la maison et aux aventures que j'espérais vivre un jour. Était-ce ainsi que devait s'achever mon rêve ? Je ne savais plus quoi penser.

Assise à une table en train de siroter une pandapils pour me remettre de mes émotions, je réfléchissais à ce combat. Je me souvenais de la douleur que j'avais éprouvé et je me promettais de ne plus jamais me risquer dans une telle idiotie, et de fil en aiguille je sentais que mon état d'esprit changeait, que les choses telles que je les imaginais depuis mon petit nid douillet à Pandala n'étaient pas la réalité, mais ça ne me déplaisait pas. Je me faisais à l'idée que sur ce continent je vivrais des moments difficiles, mais j'étais intimement persuadée qu'en contrepartie j'y apprendrais de nouvelles choses, et que j'y trouverais des amis et de l'aventure. Une fois mon verre fini j'étais d'une humeur surprenante, je ne m'étais jamais sentie autant vivifiée de toute ma vie. Cette défaite cuisante et méritée face au Kanigrou m'avait ouvert les yeux sur mon avenir, j'étais enfin prête à découvrir le monde comme il se devait et à accepter mes faiblesses autant que mes atouts. Je souriais au monde avec un appétit peu commun, et même si personne ne me rendait mon sourire dans cette austère taverne, je sentais au plus profond de mon être que quelque part je trouverais ce que j'étais venue chercher, une vie différente de celles que mes parents avaient planifiées. Je ne serai jamais l'alchimiste de renom que mon père voulait faire de moi, ni la couturière avisée que ma mère avait toujours rêvé que je sois. Je serai moi, Orza, Eniripsa de Pandala aimant la vie et les découvertes. Et depuis ce jour heureux où un Kanigrou a manqué de me tuer, je sais que la vie ne s'offre pas à nous comme on l'espère au début, mais qu'elle s'offre à nous comme nous le méritons. C'est les bras grands ouverts qu'aujourd'hui j'avance, parée à survoler les nuées et à dompter le vent. Dans quelques temps je retournerais peut-être chez moi, mariée et avec des enfants, afin de raconter dans mon village qu'en Amakna j'ai trouvé de la lumière. Que l'aventure et la découverte soient!

_________________
Orza, Eniripsa de Pandala!
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